Alors que le Front des forces socialistes (FFS) est en plein préparatifs pour l’organisation de ce qu’il a appelé la «rencontre de dialogue et de concertation», une initiative qui se fixe comme objectif de proposer une solution de sortie de crise pour le pays, le voilà lui-même en proie à une crise interne. Mais il semble que les dissensions au sein du plus vieux parti de l’opposition n’auraient pas d’incidence sur la tenue de la rencontre, selon les assurances des organisateurs.
Pour l’heure, la date, fixée récemment au 26 juin, est maintenue et aucun de ceux qui ont donné leur accord pour y participer n’est revenu sur sa décision, a indiqué une source partie prenante de l’organisation de la rencontre, qui estime qu’il n’y a pas d’appréhension sur ce sujet et ce qui se passe au sein du parti ne saurait avoir un impact sur l’important rendez-vous programmé et dont le noble objectif vise la contribution au dénouement de la crise qui secoue le pays. Mais au vu des derniers événements qu’a vécus le FFS, qui se retrouve avec deux instances présidentielles différentes et deux secrétaires nationaux, au lendemain d’une session ordinaire du conseil national, tenue le week-end dernier dans des conditions qui ont suscité une grande polémique, la question se pose d’elle-même quant au sort réservé à la grande rencontre initiée par le FFS. «Maintenant, nous ne disons plus que la rencontre de dialogue et de concertation est une initiative du FFS, mais nous disons que c’est une initiative de ce qu’il convient d’appeler ‘’le front de l’alternative démocratique’’», nous a-t-on expliqué. «Logiquement, l’aile du FFS, qui n’est pas à l’origine de cette initiative, ne peut pas aller la perturber et ne peut pas contester sa tenue, car la rencontre ne se fera pas au nom du parti, mais au nom des forces démocratiques réunies, pour la circonstance, sous l’appellation de front de l’alternative démocratique», selon la même source.
«Ce n’est donc pas une rencontre du FFS, mais celle de tout le groupe signataire de l’appel aux forces de l’alternative démocratique, signé à l’issue d’une rencontre tenue récemment», a-t-on insisté. D’ailleurs, les signataires de l’appel ont tenu dimanche une réunion de travail dédiée à la préparation de la rencontre du 26 juin dans son volet logistique.
Il convient de noter que l’idée d’une rencontre, qui fédérerait le maximum de forces démocratiques du pays autour d’une démarche commune pour une sortie de crise du pays, est une initiative lancée par le FFS avant le week-end dernier et qui a suscité l’adhésion de plusieurs autres partis de l’opposition.
Les consultations entreprises avec d’autres partis politiques de l’opposition et un bon nombre de ceux qui partagent les grandes lignes de ses propositions de sortie de crise ont reçu un écho favorable. La plupart ont répondu par l’affirmative et seront présents au rendez-vous de la rencontre de dialogue et de concertation.
«Comme c’est une rencontre inclusive, il est prévu la participation, outre de tous ceux qui ont signé l’appel commun la semaine dernière, d’autres partis, personnalités et organisations de la société civile, qui adhèrent et partagent les mêmes valeurs et propositions du FFS», nous a-t-on fait savoir.
Pour rappel, les partis politiques qui ont adhéré à l’initiative du FFS sont le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le Parti des travailleurs (PT), le Parti socialiste des travailleurs (PST), l’Union pour le changement et le progrès (UCP), le Mouvement démocratique et social (MDS), le Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD), ainsi que la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh) que représente Maître Nourredine Benissad.
Cela avant que ne se durcisse la crise au sein du parti du défunt Aït Ahmed et que n’apparaisse une deuxième instance présidentielle, à l’issue d’une réunion qui a regroupé des cadres, des élus locaux et des parlementaires du parti (qui ont refusé de démissionner de l’APN et du Conseil de la nation) qui étaient en désaccord avec la direction du FFS. Cette réunion a vu la présence de 26 membres du conseil national sur les 148 que compte le parti.