Le Forum des chefs d’entreprise (FCE) a élu hier un nouveau président en succession d’Ali Haddad contraint de céder sa place dans le sillage de la chute du président Abdelaziz Bouteflika.
Et c’est dans le contexte d’exigence de changement politique que la maison FCE aura été fortement bousculée au vu justement de la proximité entretenue, sous le règne de Haddad, avec le pouvoir politique.
Ce qui a entraîné dans le sillage des dissensions internes et une série de démissions attestant d’un malaise jusque-là latent au sein de l’organisation qui réunit les patrons du pays.
Les signes du malaise ont été révélés au grand jour par l’ampleur du mouvement populaire qui ciblait non seulement le pouvoir politique, mais aussi ses symboles, comme ceux évoluant dans le monde des affaires.
C’est à cette étape là que les divergences sont apparues entre les membres du FCE dont les membres, notamment les plus en vue parmi eux, ne savaient plus quelle direction prendre dans une conjoncture politique pleine d’incertitudes et de remises en cause.
Ces facteurs ont sérieusement ébranlé le FCE qui devait se chercher une certaine cohésion et se donner un nouveau cap.
C’est désormais à cette mission, sans doute ardue, qu’échoit au nouveau patron des patrons.
Il s’agira, en définitive, pour le successeur de Haddad, de ressouder les rangs d’une organisation patronale en proie à une démobilisation interne difficile à contenir comme l’atteste la gêne éprouvée par ces chefs d’entreprise à s’exprimer sur la mise en détention de leur ancien président.
Il s’agira également de redorer le blason d’un patronat qui aura accompagné un régime politique aujourd’hui décrié et voué aux gémonies par des pans entiers de la société. Sans omettre bien entendu le poids d’une incertitude économique de plus en plus présente avec cette constance d’une dépendance de l’économie du pays des recettes pétrolières. C’est dire combien le nouveau président du FCE hérite d’une mission délicate dans une conjoncture à multiples inconnues aussi bien sur le plan politique qu’économique.