Après la riche semaine cinématographique dédiée aux coproductions franco-italiennes, l’Institut français d’Alger enchaîne, aujourd’hui, avec la carte blanche au Festival Aflam de Marseille, dédiée aux films arabes. Abdenour Hochiche, chargé de mission cinéma à l’Institut français d’Algérie, nous présente cette carte blanche et revient, également, dans cet entretien sur l’organisation de la semaine du film franco-italien, qui a séduit un nombreux public de cinéphiles et nous annonce les prochains films qui seront à l’affiche à l’Institut français d’Alger pour les prochains jours.

Reporters : Tout d’abord, pourriez-vous nous parler de la carte blanche au Festival Aflam de Marseille programmée les 25 et 26 juin à l’Institut français d’Alger ?
Abdenour Hochiche :
C’est la troisième année que nous organisons une carte blanche, Festival Aflam de Marseille. Au programme pour ce mardi 25 juin, il y a la projection de deux films pour jeune public. Le premier intitulé « En attendant la neige » est un documentaire du réalisateur marocain Yassine El Idrissi, lauréat du Prix du jury de la première édition du Festival international du film documentaire de Khouribga. La seconde œuvre dédiée au jeune public s’intitule «Pot de colle», une fiction de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania. Le lendemain, mercredi 26 juin, toujours dans le cadre de la carte blanche Aflam, les plus grands auront rendez-vous dès 18H avec la projection du long métrage du réalisateur égyptien Mohamed Siam, intitulé «Amal».



Comment se déroule le contact avec les festivals pour organiser ce genre de carte blanche et quel est l’apport de ces projections ?
Je tiens à souligner qu’«Aflam » n’est pas le seul festival avec lequel nous travaillons. A l’institut français d’Algérie, nous avons aussi des cartes blanches pour le Festival Premiers Plans d’Anger et le Festival de films de femmes en Méditerranée. En général, ce sont les festivals qui nous démarchent. Par exemple,
« Aflam » de Marseille, c’est un festival dédié aux films arabes et il fait la tournée pour montrer un peu leur programmation dans différentes villes du monde arabe, et Alger est naturellement une de leur escale, et ils nous ont contactés pour cela. Lorsque nous sommes sollicités par les festivals, nous répondons souvent favorablement à leur demande. Cela permet à la fois de montrer des films et aussi de permettre à des professionnels du cinéma algérien, en plus de découvrir des films, de rencontrer les réalisateurs et les responsables de ces festivals. Ces derniers en faisant la promotion de leurs Festivals auprès des professionnels algériens, donnent aussi l’occasion à ceux qui le désirent d’y participer. En fait ce genre d’initiative est bénéfique pour tout le monde.



La semaine du cycle du film franco-italien vient tout juste de se clôturer, pourriez-vous revenir sur cette manifestation ?
Cette semaine, qui s’est clôturée le 23 juin dernier, a été dédiée aux films produits par la France et l’Italie et a été organisée en partenariat avec l’Institut culturel italien, avec au programme dix films qui datent des années soixante et soixante-dix et même des films récents. Les projections ont eu lieu à la fois à l’Institut français d’Alger, à la Cinémathèque d’Alger, qui était notre partenaire, et aussi à l’ambassade d’Italie. Les projections se sont bien passées, il y a eu un public qui est venu voir ces films. Globalement, c’est un événement qui a plus drainé des cinéphiles qui connaissaient déjà les œuvres projetées et des jeunes qui voulaient découvrir les grands classiques du genre mais aussi les nouveautés. Quand vous avez en moyenne une quarantaine de personnes qui regarde des films de trois heures de bout en bout, vous comprenez que c’est un public de connaisseurs et des jeunes qui ont soif de découvertes.



Justement, on peut dire que les films étaient de grande qualité, comment s’est fait le choix des œuvres ?
La programmation s’est faite en concertation avec nos partenaires de l’Institut italien. Pour nous, c’était important de montrer les grands classiques, tels que le «Guépard», «La Dolce Vita », «Mariage à l’italienne», mais, également, des films qui ont été primés, à l’instar de « La Chambre des films» ou des incontournables comme « La Piscine ». Il y a aussi d’autre films qui ont été aussi au programme de cette semaine, parce qu’ils sont labellisés France et Italie et qui méritaient d’être découverts par le grand public. En même temps, il était important pour nous de terminer notre projection à l’Institut français par un film récent «Les Estivants» qui vient tout juste de sortir sur les écrans en France. Pour dire que cette coproduction cinématographique entre l’Italie et La France se poursuit. Cette coproduction a eu ses moments phares et il y a eu aussi des moments où le nombre de ces films a baissé. Mais, à travers la programmation du film « Les Estivants», ce qui était important de mettre en relief c’est de souligner que ce travail entre l’Italie et la France dans le domaine du cinéma continue.

On peut dire que cette semaine a été un succès auprès du public, pensez-vous réitérer ce genre d’initiative ?
Bien évidement, il se pourrait que l’on refasse ce genre de manifestations notamment avec les différents instituts présents en Algérie, soit avec les Espagnols à travers l’institut Cervantès, ou les Allemand à travers le Goethe Institut ou d’autres ambassades, ici, qui pourraient être intéressés par ce genre d’événement et d’organiser des semaines cinématographiques.

Il y a eu aussi dans le cadre de la semaine dédiée à la coproduction cinématographique franco-algérienne deux projections en présence des réalisateurs, dont «les Parfums d’Alger » de Rachid Benhadj. Pourquoi avoir choisi ce film qui est pourtant une production algérienne ?
Effectivement, en plus des films que l’on a programmés dans le cadre de la semaine, il y a eu deux projections exceptionnelles en présence des réalisateurs. La première, qui s’est déroulée à l’ambassade d’Italie avec le documentaire «Ferrante Fever », réalisé par Giacomo Durzi sur le phénomène littéraire «Elena Ferrante». La seconde projection, qui s’est déroulée à l’Institut français d’Alger, est celle du long métrage «Les Parfums d’Alger » de Rachid Benhadj, également en présence du réalisateur, qui a échangé avec les présents. Certes « les Parfums d’Alger » est un film presque 100 % algérien, mais Rachid Benhadj est un réalisateur qui travaille en Italie, où il enseigne le cinéma. Pour nous et pour l’Institut italien, c’était presque naturel que ce film soit au programme de cette semaine. Il y a aussi matière de voir le travail qui pourrait se faire entre l’Algérie, l’Italie et la France. Parce que ce film devait être une coproduction algéro-française, ensuite cela ne s’est pas fait. Mais, il est bon de souligner que puisque Rachid Benhadj travaille en Italie, il y a dans l’équipe technique de ce film beaucoup de techniciens italiens. Notamment, le chef opérateur par excellence, le directeur photo Vittorio Storaro, puisqu’il a été primé aux oscars sur deux ou trois films.

Quelle est la suite du programme de projections à l’Institut français d’Alger que vous proposez pour les prochains jours ?
Tout d’abord, nous allons projeter le 29 juin prochain à 18H le film documentaire « La Bataille d’Alger, un film dans une histoire », de Malek Bensmaïl, en présence du réalisateur. Cette projection sera précédée, le même jour à 1H, par la projection du long métrage de Pontecorvo « La Bataille d’Alger ». Pour le mois de juillet, nous allons programmer tout le long de ce mois quatre films autour de la thématique de l’eau, de la mer et de l’océan. En l’occurrence, « Le Grand bleu » de Luc Besson le 3 juillet prochain, « l’Odyssée » de Jérôme Salle, qui sera projeté le 10 juillet prochain. Il y a aussi au programme la comédie populaire « Le Grand bain » de Gilles Lellouche qui sera à l’affiche le 17 juillet prochain, et nous clôturons cette thématique en résonance avec la saison estivale, le 24 juillet prochain, avec le long métrage réalisé par Solveig Anspach et Jean-Luc Gaget intitulé « L’Effet aquatique».