Le Forum des Journalistes libres (FJL) s’inquiète des « intimidations et menaces à l’égard des médias » exercés, ces derniers temps, par les pouvoirs publics et qui « prennent désormais des formes de plus en plus affirmées qui augurent de lendemains sombres pour la liberté d’expression, en général, et la liberté de la presse, en particulier », note le FJL dans un communiqué.
Ce constat est établi sur la base des événements qui marquent, depuis plusieurs semaines, la scène médiatique et « qui confirment, malheureusement, les appréhensions nourries jusqu’ici sur les réelles intentions des tenants du pouvoir quant aux droits démocratiques et sa conception restrictive des libertés », explique le forum pour justifier ses inquiétudes, avant de citer plusieurs cas d’actions versées au compte des intimidations et augurant de « lendemains sombres pour la liberté d’expression en général et la liberté de la presse en particulier, à contresens des aspirations des Algériens qui poursuivent admirablement leur lutte pacifique et résolue pour débarrasser le pays d’un système s’obstinant dangereusement à assumer sa vocation autoritaire ».
Ces cas proviennent aussi bien des médias publics, dont « le contrôle ne s’encombre plus de formes et s’affiche sans nuances comme mode de gestion immuable, mettant au service exclusif du discours du pouvoir, télévisions, radios et publications de la presse écrite » que de la presse privée sur laquelle est exercée une pression visant à l’étouffer. Sur ce dernier registre, le FIJ évoque la presse électronique dont des sites électroniques « qui ont ainsi vu leur accès bloqué dans le pays, sans aucune forme d’explication de la part des autorités chargées de la gestion des flux web, ou des institutions censées veiller à la régulation du secteur de la communication », sans le citer, le FIJ fait référence au site Tout Sur l’Algérie (TSA), bloqué depuis plusieurs jours. Concernant la presse écrite privée, le forum parle de « vulnérabilité programmée » par un modèle économique défaillant « grandement provoquée par une stratégie du pouvoir » auquel s’est ajouté « le monopole sur le marché publicitaire, via l’Agence nationale d’édition et de publication (Anep). Il est non seulement maintenu mais ouvertement orienté pour achever de condamner à l’asphyxie financière des entreprises de presse, par ailleurs, livrées à la concurrence déloyale et à la « pollution », orchestrée de longue date, du marché de l’édition ». Dans ce chapitre, le FLJ cite le cas du Groupe Media Temps Nouveau « qui est menacé dans ses emplois ». Les employés se mobilisent actuellement en quête d’un repreneur de leur entreprise qui compte deux chaînes Dzaïr News et Dzaïr TV ainsi que les quotidiens « Le Temps d’Algérie » et « Waqt El Djzaïr ». Enfin, le FJL, qui rappelle que « la liberté de la presse est un vecteur essentiel de développement social et une exigence de la vie démocratique, prend à témoin l’opinion publique sur les dépassements en cours et interpelle toute la société sur la nécessité d’organiser la solidarité entre tous ses segments acquis aux valeurs démocratiques et engagés dans la lutte contre l’autoritarisme ».