La Coupe d’Afrique des nations dans sa 32e édition est lancée. Dans une chaleur moite et pesante, les rencontres se succèdent au Caire, à Alexandrie, à Ismailiya et à Suez. Sur le plan de l’engouement du public, ce n’est pas l’effervescence, à part la rencontre des Pharaons durant laquelle la ville semble bouillonner comme un volcan, les autres rencontres se jouent presque avec des gradins dégarnis. Le chauvinisme légendaire des Egyptiens ? Pas seulement, le système de billetterie mis en place pour la première fois pour cette CAN aura rebuté plus d’un. Baptisé « Tazkiraty » ce système censé simplifier la démarche aura fait compliquer un acte que le supporter lambda semble avoir du mal à maîtriser.

Le Caire, de notre envoyé spécial, Moumene Belghoul
Les tarifs au-dessus des capacités des couches populaires a fini par rebuter la plupart. Selon des journalistes locaux les compétitions de la CAN précédentes en Egypte se sont joué avec des stades plein notamment pour les équipes du Nigeria, du Cameroun et les pays du Maghreb ? Ce n’est pas le cas pour cette CAN. Une aberration lorsque l’on sait que le football est le sport populaire par excellence.

La ville qui ne dort pas
Le public, et ce n’est nullement une surprise, n’a de yeux que pour l’équipe à la tunique rouge. La seconde rencontre de l’Egypte contre le Congo s’annonce déjà importante. Après sa première défaite surprise face à la surprenante Ouganda la RDC l’adversaire du jour, est condamné, à réagir, sous peine d’élimination, synonyme de surprise dans ce groupe. Le jour du match, le Caire continuellement encombré rentre en effervescence. Le désordre irréel de l’une des villes les plus peuplées au monde rajoute à l’intensité. Vendredi dernier après la difficile victoire face au Zimbabwé en ouverture, les Egyptiens sont sortis défiler dans les rues jusque tard dans la nuit. Une nuit en fait interminable pour une ville qui ne dort pas. Ces expressions de joie sont déjà un avant-gout de ce que sera si les Pharaons vont loin dans cette compétition, et surtout remporter le titre, le rêve de millions d’Egyptiens. Le stade du 30-Juin où ont lieu la majorité des rencontres du groupe C, celui de l’Algérie se trouve au sud du Caire en plein désert. C’est le nouveau Caire. Les rencontres qui y seront disputées sont déjà nommées les « batailles de l’armée de l’air » par la presse égyptienne à l’humour particulièrement débridé. Appartenant à l’armée de l’air égyptienne cet édifice inauguré en 2012 qui est en fait le stade le plus récent du Caire est strictement gardé. Les précautions des services de sécurité virent à l’obsession, l’entrée des représentants de la presse pourtant munis de leurs accréditations est soumise inlassablement à une dizaine de contrôles. Cette enceinte bien tenue est utilisée en location par une équipe de football locale the Pyramids appartenant à… un émir saoudien. Ce stade rappelle néanmoins un triste souvenir, le 8 février 2015 pas de moins de 22 supporters ont perdu la vie dans des échauffourées lors d’une rencontre disputée entre Zamalek et Empi. L’Egypte a souvent connu des tragédies similaires comme celle de février 2012 dans le stade de Port- Saïd qui a vu des milliers de supporters à l’affût d’une issue de secours piégés par la fermeture des grilles du stade : résultat 75 morts, des centaines de blessé et un choc national. Que de triste souvenir. Que la CAN avec ses couleurs bariolées et son ambiance africaine devrait faire oublier.