En annonçant que le financement non-conventionnel est « une ère révolue», le porte-parole du gouvernement n’a pas manqué de surprendre plus d’un dans une conjoncture politique nationale très particulière bourrée d’incertitudes.
Nullement dans l’air du temps, la mesure est venue attester d’une navigation à vue dans la gestion des affaires publiques du pays. S’il revient aux spécialistes de juger l’opportunité et la portée financière et économique d’une telle mesure, force est de constater qu’elle est d’ores et déjà révélatrice d’une inconstance managériale. Cette gestion par l’instabilité ne peut pas constituer une bonne nouvelle pour la santé financière et économique du pays embourbé déjà dans une crise politique et institutionnelle inscrite dans la durée sans que les signes de solutions ne soient réellement visibles.
L’abandon de l’option dite «planche à billets » à laquelle le gouvernement avait recours il y a quelques années pour faire face à l’amenuisement des recettes publiques ajoute ainsi un surcroît de malaise à la gestion des affaires de l’Etat entachée depuis toujours de soupçons en raison d’un déficit chronique de transparence et de mécanismes de contrôle.
L’emballement judiciaire en cours, qui a vu d’anciens premiers ministres, des ministres et d’autres patrons d’entreprises, publiques comme privées, passer devant le juge pour répondre aux accusations de leur implication dans des affaires de corruption, atteste vraisemblablement d’une gabegie qui semble avoir atteint différentes strates de la décision.
L’annonce du porte-parole du gouvernement risque par ailleurs d’enfoncer davantage l’Exécutif Bedoui qui cherche, depuis son installation en remplacement du staff d’Ahmed Ouyahia, une crédibilité devant une hostilité populaire qui a rendu invisible l’action publique. Et maintenant que le recours à la planche à billets vécu, aura, il revient au gouvernement des affaires courantes de faire face à une situation financière fragile et qui exige une gestion des recettes et des budgets au dessus de tout soupçon.