Le président du Front pour la justice et le développement (FJD-El Adala), Abdallah Djaballah, est revenu aujourd’hui sur le rôle que doit jouer l’institution militaire dans le processus de dialogue qui devrait réunir les représentants du pouvoir et ceux de l’opposition et du Hirak en vue d’une solution à la crise politique que traverse le pays.

Pour le chef du parti islamiste, qui s’est vu parfois obligé de rappeler les positions du « front des forces du changement » dont il représente le parti le plus en vue, il est attendu à ce que « l’institution militaire participe ou appuie le processus de dialogue ou désigne des représentants » mais nullement à ce qu’elle « contrôle son issue ou pèserait sur les choix qui s’en dégageraient ». Relevant que « l’armée ne doit pas s’impliquer dans l’élaboration des solutions », arguant « l’impossibilité d’un processus de dialogue sans l’institution militaire ». Mais pour Djaballah, les parties qui dialogueront avec l’armée doivent adopter les revendications du peuple. « Nous n’acceptons pas de négocier avec l’armée sans les revendications du peuple », a-t-il tranché au Forum d’El Mihwar dont il était l’invité pour débattre des questions de l’heure.

Dans son introduction, le conférencier dira que le peuple algérien « est en train de vivre une révolution magnifique, c’est une première dans son histoire. Le but de cette révolution est de changer les choses politiques et publiques ». Sur sa lancée, il a soutenu que « le peuple algérien veut passer d’un régime autoritaire à un régime démocratique », revendiquant son droit  à la richesse et à l’émancipation. Soulignant que « le peuple est le propriétaire de la richesse de son pays », il a indiqué que les slogans brandis dans les manifestations convergeaient sur la nécessité d’un changement radical dans l’exercice du pouvoir. Le conférencier s’est référé, à cette occasion, à la base du travail de l’opposition, réunie dans les « Forces du changement », est la feuille de route qui s’articule autour d’une période de transition limitée à six mois durant  « laquelle les prérogatives du Président sortant seront transférées à une instance présidentielle, composée de «personnalités nationales crédibles, honnêtes et compétentes».

Le conférencier n’a pas de doute que le garant de la réussite de cette période est le peuple. Il a expliqué, dans ce sens, que « si le peuple continue sa révolution pacifique et ne lâchera pas ses revendications légitimes, l’issue sera positive ». S’agissant des propositions qui marquent la scène politique, il dira que  « l’élite doit unir sa vision pour sortir de la crise ». Pour lui, « le peuple attend des solutions de la part des acteurs de la société civile », relevant que la diversité des initiatives issues des différents acteurs de la société civile « est plutôt une chose  ordinaire, voire positive ».

Sur  l‘interdiction du drapeau amazigh, M Djaballah a dit qu’il y a des « lignes rouges que nous ne devons pas franchir ». A propos des manifestants détenus pour avoir brandi le drapeau amazigh, M. Djaballah a appelé à la libération de ces derniers. Pour lui, « ces histoires ne doivent pas nous dévier du but principal qui est le changement total et une vraie démocratie ».