A l’entame de la première session ordinaire de l’Assemblée populaire de wilaya (APW) pour l’année 2019, Abdessamie Saïdoune, wali de Constantine, a arboré un sourire gros comme ça, estimant que la ville des Ponts, et ses 11 autres communes, ont eu la part de lion dans le domaine du logement.

« 28 237 logements tous groupes confondus ont été relevés pour les deux années passées et pour la plupart attribués, 26 250 exactement ; les autres le seront lors des festivités du 5 Juillet », insistera le wali de la wilaya de Constantine. Mais tout n’est pas rose dans le meilleur des mondes de l’administration de la wilaya, car, au même moment, des centaines de souscripteurs aux différents programmes LPA et LSP organisaient un sit-in solennel face au Cabinet du wali. Ils exigeaient la livraison des projets de logements, dont certains datent des années 1999, tout en scandant des slogans hostiles à «la mafia de l’immobilier». C’est la énième fois que des contestataires de différents programmes de logements et de relogements ont fait part de leur ire à l’encontre des entrepreneurs qui les ont pris en otages. Mais c’est la toute première fois qu’une telle profusion de personnes a été constatée. « Il y a une complicité entre quelques promoteurs et des cadres de la wilaya. Il est temps que le wali le sache, lui, qui a fait confiance à des personnes qui ont trempé dans plusieurs magouilles. Il faut qu’il intervienne pour y mettre le holà », nous a déclaré un des coordonnateurs de la wilaya des souscripteurs de certains programmes. Les promoteurs qui ont fait de nombreuses «victimes» parmi les souscripteurs à différents programmes, dont l’ancienneté revient à une promotion qui reste fantôme depuis 1999, ont, en effet, agi, pour la plupart en terrain conquis, protégés par des cadres de la wilaya impliqués dans des malversations dans les différentes promotions immobilières. « Nous n’allons pas nous laisser faire. Nous allons changer tout un système et ce ne sont pas des cadres véreux et des promoteurs escrocs qui vont nous décourager Ils ont renforcé le prix des terrains par trois, et ont rogné sur les surfaces des appartements et la qualité, sans se soucier des pénalités de retard, et nos logements sont encore au stade de projets », nous dira encore notre interlocuteur, entouré de plusieurs autres de ses compagnons d’infortune, sous un soleil de plomb. Les protestataires nous ont même remis une liste des promoteurs défaillants qu’ils destinaient au wali, Guerfi, Benhamadi, Khalfallah, Sahli, Bourouag, Boudaâ Farid, Chaar-Eddib, Mohamed Lattafi, Naceri, Bendachache, Cosider, Djayah Fayçal, Dembri… et la liste n’est pas exhaustive. Nous vous épargnerons le nombre de logements en stand-by qui se chiffrent en milliers. C’est dire qu’entre le satisfecit du wali de Constantine et la détresse de centaines, voire de milliers de souscripteurs, il y a un fossé que ne combleraient qu’une rigueur et une justice que seul, justement, le wali pourrait appliquer. Le wali qui jouit pour le moment d’une bonne réputation auprès de la population constantinoise reçoit encore une balle dans son camp.
A lui de savoir la dégager pour que le rêve de milliers de souscripteurs à un toit décent cesse d’être un cauchemar. n