Le Musée d’art moderne et contemporain d’Alger (MAMA) consacre, depuis samedi dernier et jusqu’au 31 juillet prochain, une importante exposition rétrospective dédiée à l’œuvre et au parcours d’Ahmed Malek, intitulé « Planet Malek », initiée par la maison de disque allemande «Habibi Funk Record» en partenariat avec le Goethe Institut et le MAMA.
Ahmed Malek est un compositeur et musicien algérien dont les œuvres résonnent d’une manière particulière aux oreilles de tous les cinéphiles, et plus généralement à l’ensemble du public, tant des œuvres telles que «Omar Gatlato», «Les Vacances de l’inspecteur Tahar» ou «Leïla et les autres» sont entrées dans la culture populaire. Largement «reconnu par ses pairs», chef d’orchestre durant «plusieurs décennies» de l’ensemble de la Télévision algérienne, les organisateurs de l’exposition présente également Ahmed Malek comme le «pionnier des compositeurs algériens et toujours leur principal symbole».
L’exposition, intitulée «Planète Malek» du nom du documentaire que lui a récemment consacré la réalisatrice Paloma Colombe, propose au public plus d’une centaine de pièces retraçant la mémoire artistique du compositeur algérien. Les visiteurs peuvent ainsi retracer son parcours méconnu par de nombreux Algériens à travers la découverte des partitions de compositions originales, des photographies, dont de nombreux portraits de l’artiste capturé par sa femme Danielle Berkmans, ou encore des articles de journaux d’époque. Il est également mis à la disposition du grand public des casques audio et des stations interactives pour écouter des extraits musicaux composés par Ahmed Malek afin de mieux s’imprégner de cet héritage musical. Il est à noter qu’un CD regroupant des œuvres d’Ahmed Malek est disponible à la vente au MAMA pour le prix de 2 000 DA. L’exposition accueillie par le MAMA propose également la diffusion du documentaire «Planète Malek» réalisé par Paloma Colombe, sur cette personnalité algérienne qui mérite d’être connue par les nouvelles générations.
A propos de ces nombreuses archives, qui témoignent à leur façon de l’histoire du cinéma algérien et de son «âge d’or», il s’agit, nous explique-t-on, de pièces réunies par les deux filles de l’artiste dès le lendemain de sa disparition, en 2008, et conservées depuis par l’éditeur berlinois de musiques « Habibi Funk Record », qui a édité en 2016 un disque (vinyle et CD) réunissant une quinzaine de titres d’Ahmed Malek.
La directrice du musée MAMA Nadira Laggoune-Aklouche nous précisera, en marge du vernissage, que cette exposition, qui a nécessité plusieurs mois de préparation, « est née à l’initiative de la maison de disque, mais c’est aussi une action personnelle de son gérant Jannis Stürtz, qui s’intéresse particulièrement au travail d’Ahmed Malek». La directrice de l’Institut Goeth, Rita Sachse-Toussaint ,ajoute pour sa part que le label avaient reçu la collection «de photos, les compositions les musiques à travers des enfants d’Ahmed Malek (…) Et c’est comme cela qu’est née l’initiative de créer l’exposition et de la montrer au public algérien. Ils nous ont contacté en nous demandant s’il était possible de soutenir l’exposition et nous l’avons fait en partenariat avec le MAMA».
Evénement ayant déjà fait escale à Dubaï, et qui pourrait «prochainement» être présenté dans une autre capitale. L’exposition permet ainsi de mettre un nom et un visage sur l’auteur des bandes originales de tout un pan du cinéma algérien, un artiste qui se considérait lui-même comme un ambassadeur de la culture algérienne et qui avait pour cela été distingué à de nombreuses occasions, lors du Festival panafricain, ou plus tard, en 1987, du prix du «mérite national pour la composition musicale».
Il est à noté que le vernissage de l’exposition aura également été l’occasion, samedi dernier, d’organiser une conférence à la mémoire de l’artiste. L’un des invités de cette rencontre, le célèbre compositeur, musicien et metteur en scène Safy Boutella, partageant ces souvenirs, nous confie : «J’ai connu Ahmed Malek en 1979. Je rentrais des Etats-Unis et je commençais à travailler de façon professionnelle dans la musique et le cinéma (…) Lui, était déjà un « ancien » et avait déjà une longueur d’avance. Nous avons eu à collaborer de temps en temps, et il avait notamment joué pour moi. Il était un excellent flûtiste…» n