Au dernier jour de la Foire internationale d’Alger (FIA), clôturée hier au Palais des expositions (Safex), les visiteurs étaient moins nombreux que d’habitude, côté professionnels comme côté grand public. Ce dernier a d’ailleurs largement pris le pas sur les professionnels.

par Fazil Asmar et K. Remouche
Chose que les opérateurs exposants n’ont pas apprécié, ceux notamment qui n’ont pas mis en vente leurs produits lors de cette édition. «Pour nous, c’est un Salon professionnel. Il vise donc plus les opérateurs que les citoyens. Quand on met en vente nos produits, le Salon devient plus une surface commerciale qu’un espace dédié aux partenariats et aux investissements comme l’ont souhaité les organisateurs et les pouvoirs publics lors de cette édition», estiment des représentants d’entreprises intervenant dans l’agroalimentaire. Rappelons que l’édition qui s’achève a pour slogan «Algérie, diversification économique, opportunités de partenariats en perspectives». Pour certains exposants, le grand public est une gêne pour les professionnels, car leur empressement empêche les entreprises de parler affaires. «Quand un stand est submergé de visiteurs, il est difficile aux professionnels de tenir des séances de travail avec les opérateurs. Du moment que les organisateurs ont consacré tout un pavillon pour la vente, il aurait été plus judicieux d’orienter le grand public vers cet espace et laisser le champ libre aux professionnels», estiment-ils, déplorant que les stands soient plus animés par des hôtesses que par les représentants officiels des entreprises exposantes.
«Comment parler affaires avec des hôtesses ?», s’interrogent-ils. D’une façon générale, cette édition, d’après le constat des participants, n’a pas drainé grand monde par rapport aux éditions précédentes. Certains opérateurs, espérant renforcer leurs parts dans le marché extérieur, n’ont pas trouvé les vis-à-vis qu’ils cherchaient et n’ont pas enregistré un nombre important de commandes. «La participation étrangère est en deçà des attentes. Ceux qui participent à cette édition sont, pour la plupart, les distributeurs des marques internationales en Algérie. Du côté des entreprises locales, nous avons également noté l’absence de plusieurs sociétés d’envergure, dans l’agroalimentaire surtout. Pour nous, ce sont des marchés importants auxquels nous n’avons pas accès», expliquent-ils. Pour les marques ayant profité de cette occasion pour vendre leurs produits au grand public, cette édition est plutôt réussie.
Le vendredi surtout, l’affluence, importante d’habitude, a été compromise cette année en raison de la marche populaire. Certaines marques agroalimentaires ont même lancé de nouveaux produits, suivant la tendance actuelle qui va vers la réduction du sucre. Des producteurs de boissons, de confitures et de céréales ont proposé de nouveaux produits où le taux de sucre est très limité. «Il y a une demande sur les produits non sucrés et nous essayons d’y répondre. Nous n’allons pas, cela dit, généraliser cette diminution à l’ensemble de nos produits car la demande sur le sucre est toujours forte», constatent les représentants de la laiterie Soummam, présents lors de cette édition que beaucoup, y compris du côté des visiteurs, qualifient «d’échec». En dépit de cet état de fait, les vieilles habitudes en matière de communication du gouvernement restent tenaces. Pour preuve, des observateurs de la scène économique n’ont pas manqué de pointer du doigt le énième satisfecit d’un officiel sur un événement marquant de l’actualité économique du pays. En effet, lors d’une conférence de presse bilan sur la 52e Foire internationale d’Alger tenue samedi dernier, le ministre du Commerce, Saïd Djellab a déclaré que cette édition est une « réussite » tant sur le plan du nombre de partenariats conclus en quelques jours seulement que sur le plan de la participation étrangère (20 pays) occultant entre autres l’absence remarquée des pavillons de l’Italie et de l’Espagne qui habituellement participent en force à la foire. Le ministre du Commerce semble nous faire croire qu’il fait beau alors que de gros
nuages couvrent le ciel économique algérien : manque de confiance de la population, ralentissement économique, inquiétudes sur l’avenir de pans de l’économie nationale après l’arrestation d’hommes d’affaires… n