Les maladies non transmissibles connaissent un taux de prévalence des facteurs de risques en Algérie durant les dernières années, a indiqué, vendredi à Constantine, le Dr Sami Kafi du service d’épidémiologie et de médecine préventive de l’Hôpital militaire régional universitaire Commandant Abdelali-Benbaâtouche de Constantine (Hmruc). Le taux est passé de 36% en 2013 à 48% en 2017 dans le cas de la prévalence du surpoids, alors que pour le diabète il est passé de 21% à 23% durant cette même période, a précisé le praticien qui intervenait aux travaux du 25e congrès de la Société algérienne de médecine interne (SAMI). Pour les statistiques, le Dr Kafi s’est référé aux études menées durant cette période, selon l’approche « STEPwise » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sur la prévalence des facteurs de risques des maladies non transmissibles et qui «ont démontré une augmentation des taux de prévalence», a-t-il souligné.
Menées par la direction de prévention du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière en coordination avec le bureau de liaison de l’OMS en Algérie, ces études visaient à se documenter sur huit facteurs de risques communs aux maladies non transmissibles tels que définis par l’OMS, à savoir le tabac, l’alcool, les comportements alimentaires, l’inactivité physique, l’obésité, l’hypertension artérielle, l’hyperglycémie et les dyslipidémies. Elles ont ciblé un échantillon de 4 136 personnes, issues des wilayas de Sétif et Mostaganem, et 6 989 autres personnes représentant différentes régions du pays, a ajouté le praticien. Il a expliqué que ces deux études, menées à 14 ans d’intervalle, interpellent et révèlent l’aspect alarmant de l’évolution future des facteurs de risques des maladies non transmissibles en Algérie en «l’absence ou insuffisance de mesures de prévention».
«L’Algérie est en pleine phase de transition démographique et épidémiologique, passant de l’ère des maladies infectieuses transmissibles à celui des maladies chroniques non transmissibles», a encore souligné le conférencier, qui appelle à l’établissement d’un programme national de santé se basant sur les principes de prévention et de sensibilisation aux dangers de la consommation excessive de matières grasses, sucre et sel, ainsi que le manque d’activité sportive et physique.
Ouvert jeudi, le 25e congrès de la SAMI a donné lieu à plus de 48 conférences plénières et près de 300 communications affichées, traitant essentiellement des maladies prévalentes, auto-immunes, inflammatoires, et de l’allergie. Au programme de ce rendez-vous scientifique figuraient, en outre, des ateliers destinés au personnel paramédical qui ont permis aux médecins présents de débattre et d’apporter une réflexion sur l’enseignement de la médecine interne.