La Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) veut entrer dans une dynamique très prometteuse, y compris sur le plan de la sécurité. Une délégation composée de ses cadres s’est envolée pour Rabat, qui abrite la 7e édition de formation africaine sur la sécurité ferroviaire.

La session regroupe une trentaine de responsables de réseaux ferroviaires de dix pays africains, dont le nôtre. Cette formation s’inscrit dans le cadre du plan d’action 2019 de l’Union internationale des chemins de fer (UICF) de la région Afrique, qui a mis la formation du capital humain au centre de sa nouvelle dite de «Revitalisation du rail en Afrique : Destination 2040». Portée par les ministres africains chargés des Transports lors de la 3e conférence organisée en avril 2014 en Guinée équatoriale, elle vise à soutenir, à travers des actions concrètes, les réseaux ferroviaires africains dans leurs processus de mise à niveau et de développement. En effet, la plupart des réseaux africains subsahariens souffrent d’un retard en matière de réhabilitation de l’appareil de production. Il est devenu nécessaire de moderniser environ 81 000 km, pour un coût de l’ordre de 24 milliards de dollars d’ici 2040, et de réaliser 13 200 km de nouvelles lignes. La SNTF s’est inscrite dans cette dynamique d’extension des réseaux et de leur modernisation avec un programme expansionniste d’investissement. Ambitieux, les grands travaux qu’elle a engagés le sont et plusieurs projets ont été proposés et étudiés. Il est prévu la réalisation de trois lignes à grande vitesse (LGV). Un premier tronçon, long de 320 km, qui reliera Bordj Bou-Arréridj et Khemis Miliana. Le deuxième, d’une longueur équivalente, reliera les villes de Boumedfaâ et Djelfa. La 3e ligne TGV concernera le Sud, elle reliera Touggourt et la ville pétrolière de Hassi Messaoud. Autre projet, l’électrification de la rocade Nord qui s’étend de la frontière est à la frontière ouest et l’acquisition de 64 rames automotrices, un marché de 34 milliards de dinars portant sur la fourniture de rames, de lots de pièces de rechange, équipements et outillage spécial, et de pièces parc, la formation du personnel de la SNTF, la fourniture et la mise en service d’un simulateur de conduite et, enfin, sur l’assistance technique. La SNTF veut, par ailleurs, allier modernité et confort. C’est ainsi qu’elle a passé un accord de partenariat avec Alstom pour la fourniture de trains grandes lignes Coradia, un modèle qui répond aux besoins de la SNTF et de ses passagers. Il est adapté aux conditions climatiques du pays (sable, températures extérieures) et dispose d’un système de climatisation très performant.
Par ailleurs, ce train dispose d’un plancher bas facilitant l’accès et le déplacement à bord. Accessible à tous, et en particulier aux personnes à mobilité réduite (PMR), il respecte la dernière norme STI1 PMR. Fruit d’une longue expérience du transport ferroviaire, la gamme des Coradia propose une synthèse des savoir-faire d’Alstom en matière de sécurité, d’économies d’énergie et de bien-être des passagers. Il faut reconnaître que la SNTF a réussi un véritable exploit sur ce plan. Encore faut-il que les passagers prennent soin de ces équipements. Les rames de train sont fréquemment la cible de jets de pierres. La SNTF, en outre, a commencé à équiper en moyens de signalisation et télécommunication plusieurs tracés ferroviaires. Il reste toutefois des zones grises au tableau. Cette dernière, comme beaucoup d’autres entreprises, se retrouve aux prises avec la crise que vit le pays. Elle a défini certains projets jugés prioritaires sur le papier sans se donner les moyens de les financer.