La cérémonie d’ouverture de tout tournoi est importante et révélatrice. Surtout quand les spécialistes émettent des réserves quant à la situation sécuritaire au pays hôte. Avant le feu d’artifice et l’entrée en lice de l’Egypte face au Zimbabwe, il y avait tout un dispositif mis en place pour sécuriser l’enceinte cairote et ses alentours. Des policiers à chaque artère et grand boulevard avec leur tunique blanche, des vigils à tous les recoins et même des tireurs d’élite qui étaient prêts à tirer à tout moment ainsi que des hommes cagoulés. Et bien sûr, des membres des forces spéciales de l’Armée qui ne laissaient même pas les passants filmer en direction du gigantesque complexe sportif de la capitale égyptienne. Les «no go» zones étaient en bons nombres. On ne pouvait pas marcher n’importe où percer les barrières de sécurité sans être interpelé ou prié d’aller à l’autre bout de la rue. C’était une véritable alerte générale et vigilance totale. On palpait un peu les symptômes du régime militaire où l’exécution des ordres étaient indiscutable et toute tentative de converser où aborder un agent était une délicate mission.

Radicale mais efficace
D’ailleurs, lorsque nous avons fait le tour de l’enceinte pour trouver la porte 5 du stade par laquelle les médias et journalistes accédaient, on avait pu voir que la circulation était ultra fluide afin de faciliter l’accès des officiels aux lieux du match inaugural. Aussi, nous avons pu croiser quelques jeunes et adolescents qui vendaient des accessoires pour supporters tels que les drapeaux, Vuvuzela, chapeau aux couleurs de l’Egypte, tête des pharaons en masque et plein d’autres objets dérivés. Tout est bon pour se faire de l’argent dans une ville où plus de 20 millions d’habitants sont recensés. Une démographie impressionnante qui contraste avec le besoin constant et vital de débrouiller des entrées d’argent pour vivre « dignement ». C’était le paragraphe émotion d’un après-midi sous haute tension où la réussite de l’inauguration ne laissait pas place à l’affect et les sentiments. D’ailleurs, même les journalistes chargés de couvrir ce prestigieux évènement en ont payé les frais. Le centre de presse était fermé plus tôt que les 20h00 heures habituelles pour la récupération des accréditations. Arrivés, après avoir difficilement passé les cordons sécuritaires en présentant nos papiers à chaque « interpellation », au fameux portail numéro 5, on nous a priés de passer les récupérer le lendemain. La méthode était radicale pour que le lancement de la messe africaine se déroule sans couacs. Néanmoins, elle a été assez efficace pour dissiper les craintes émises concernant la sûreté. C’est le plus important en attendant la suite de la compétition.n