Après un répit qui n’aura duré que quelques jours, la Cour suprême devrait se saisir cette semaine encore de nouveaux dossiers de ministres et hauts fonctionnaires de l’Etat présumés impliqués dans des affaires de corruption.

De l’ancienne liste des personnes impliquées dans l’affaire d’Ali Haddad, transmise par le Parquet général près la Cour d’Alger au Procureur général près la Cour suprême, quatre anciens ministres n’ont pas été encore auditionnés par le juge d’instruction près la Cour suprême. Il s’agit d’Abdelkader Bouazeghi, de Amar Ghoul, Boudjema Talaï et de Abdesselem Bouchouareb, respectivement anciens ministres de l’Agriculture, ministre des Travaux publics, ministre des Transports et ministre de l’Industrie et des mines. Selon des indiscrétions, le dossier d’Abdelkader Bouazegui serait déjà sur la table des juges et serait le premier à être auditionné cette semaine. La commission des affaires juridiques de l’Assemblée nationale devrait se réunir aujourd’hui pour statuer sur le cas de Boudjema Talaï, dont la levée de l’immunité parlementaire est réclamée par la justice. Cette procédure ouvre la voie à l’audition de l’ancien ministre des Transports, alors que le juge d’instruction près la plus haute juridiction devrait, lui, statuer dès cette semaine sur le cas d’Abdesselem Bouchouareb, dont une convocation lui a été adressée il y a de cela quelques jours déjà. Il est fort probable que le juge délivre un mandat d’arrêt international contre l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines étant donné que ce dernier se trouve actuellement hors du territoire national. Quant à Amar Ghoul, dont le nom a été cité déjà dans l’affaire Ali Haddad, il fait face quant à lui à plusieurs orages après le réexamen annoncé du dossier de l’autoroute Est-Ouest. Les dossiers de ces anciens ministres ont été d’abord adressés au Parquet général près la Cour d’Alger suite à des enquêtes préliminaires instruites par la police judiciaire de la Gendarmerie nationale d’Alger pour des faits à caractère pénal. En raison de leurs fonctions au moment des faits, ces anciens hauts fonctionnaires de l’Etat bénéficient de la règle du privilège de juridiction consacrée par le texte de cette loi. Mercredi dernier, le Parquet d’Alger a transmis une nouvelle liste impliquant dix autres hauts fonctionnaires cités dans l’affaire Tahkout Mahieddine. Cette nouvelle liste vise Ahmed Ouyahia, ex-Premier ministre, Abdelkader Benmessaoud, actuel ministre du Tourisme, Abdelghani Zaalane, ex-ministre des Travaux publics et des Transports et Youcef Yousfi, ancien ministre de l’Industrie et des Mines. Sont cités également dans ce nouveau dossier l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, et de deux walis actuellement en poste. Il est possible que certains des mis en cause dans l’affaire Tahkout Mahieddine soient auditionnés sous peu, alors que d’autres affaires sont actuellement en instruction. Nous avons appris que les cas de Djamel Ould Abbès et de Saïd Barkat, respectivement ancien ministre de la Solidarité nationale et ex-ministre de l’Agriculture ne devraient être traités que début juillet. Et c’est le dossier de l’autoroute Est-Ouest, un des scandales les plus retentissants de l’ère Bouteflika, qui s’invite chez les juges. La semaine dernière, la Cour suprême a annoncé la réouverture sous peu de ce dossier qui, sans l’ombre d’un doute, nous réserve bien de surprises, dont l’éventuelle implication d’Abdelaziz Bouteflika. Jeudi, l’homme d’affaires Hassen Arbaoui, P-DG de Global Group, a été placé jeudi en détention préventive dans l’affaire dite KIA. Hassen Arbaoui a été incarcéré avec six autres personnes, dont deux cadres et deux fonctionnaires du ministère de l’Industrie ainsi que le directeur de la Banque nationale d’Algérie (BNA, publique) et un ancien directeur d’une entreprise publique. C’est dire que les juges près la Cour d’Alger ne chôment pas. Tout comme celui près la plus haute juridiction d’ailleurs.<