En dépit de toutes les mesures prises pour empêcher la fraude, pas moins de 23 tentatives de triches, dont 17 au moyen de Smartphones et 6 par des bouts de papier griffonnés, ont été recensées dans la wilaya de Ghardaïa.

de Ghardaïa, O. Yazid
Tous les candidats tricheurs sont des garçons qui se sont présentés en candidats libres. Pas le moindre candidat scolarisé parmi eux, ce qui est déjà une première, alors qu’encore une fois, aucune fille n’a été tentée par la fraude. Pour ce qui est de l’absentéisme, la majorité de ceux à avoir fait faux bonds font partie des candidats libres. En effet, sur les 11 339 candidats, dont 5 666 scolarisés et 5 673 candidats libres, pas moins de 1 340 absences ont été enregistrées, soit un taux global d’absence de 11,82 %. Seuls 47 d’entre eux, dont 21 filles, soit un taux d’absence de 0 ,83%, proviennent des scolarisés, alors que la majorité des absents, à savoir 1 293, dont 350 filles, soit un taux de 11,82%, sont des candidats libres. Approché pour nous donner son avis sur les conditions de déroulement de cette session 2019 du baccalauréat dans la wilaya de Ghardaïa, Amar Tibani, le directeur de l’éducation de la wilaya de Ghardaïa, n’a pas caché sa satisfaction et son soulagement. « Nous sommes satisfaits des conditions de déroulement de cette session 2019 du baccalauréat à Ghardaïa. Toutes les conditions ont été réunies pour mettre les candidats dans les meilleures conditions possibles. Nous avons mis à leur disposition de l’eau minérale à profusion et avons assuré le gîte et le couvert pour les candidats libres, notamment ceux venant de loin, tel El Menéa, à 270 km de leur lieu de résidence et le centre d’examen. Les mêmes dispositions ont été prises pour les candidats et candidates libres de Hassi Lefhel (120 km) et Mansourah (90 km). Ce n’est pas du tout facile de gérer 41 centres d’examen disséminés sur 13 communes dans un rayon de 390 km, soit 270 km de Ghardaïa vers El Menéa, au sud, et 120 km vers Guerrara au nord-est, mais avec l’aide et le concours de toutes les parties, notamment les services de sécurité, entre police et gendarmerie, la Protection civile, les Scouts musulmans, les services de santé et surtout la famille de l’éducation nationale, nous avons pu assurer à nos candidats les meilleures conditions possibles.» Pour rappel, pour cette session du baccalauréat de l’année 2019, qui s’est étalée sur cinq jours, du 16 au 21 juin inclus, ce n’est pas moins de 11 339 candidats, dont 5 399 filles, qui étaient concernés au niveau de la wilaya de Ghardaïa. Un important examen qui déterminera le parcours de chaque élève et ouvrira les portes de l’université à tous ceux qui obtiendront le sésame.
Sur les 11 339 candidats, dont 2 338 filles, étaient inscrits pour concourir en candidats libres, parmi lesquels 184 détenus, dont 3 femmes. Les écoles publiques ont, pour leur part, présentés 379 candidats, dont 290 filles, alors que 662 candidats, dont 421 filles, se sont présentés comme candidats libres faisant partie des effectifs de l’enseignement à distance, à savoir le CNEPD.
41 centres d’examens, dont un ouvert dans l’enceinte de l’établissement pénitencier d’El Menéa, à 270 km au sud de Ghardaïa, et un autre dans les locaux du CNEPD, placés sous la surveillance de 1 483 personnes ainsi que de 221 observateurs, et des aides observateurs au nombre de 480 venus en majorité des wilayas de Tipasa, Aïn Defla, Tissemsilt Tiaret, Djelfa et Ouargla, ont été ouverts au niveau des 13 communes que compte la wilaya de Ghardaïa et la wilaya déléguée d’El Menéa. De l’avis de quelques observateurs rencontrés lors de nos passages sur le seuil de quelques centres d’examen des communes de Ghardaïa et de Bounoura, un niet catégorique nous a été signifié pour une éventuelle entrée ou visite des classes d’examen : « Tout se déroule normalement, et les candidats, accueillis et placés dans des conditions idoines, semblent sereins », a été le seul commentaire.
184 détenus, dont trois femmes y ont pris part
C’est un chiffre record de détenus inscrits aux épreuves du baccalauréat de cette session 2019, dans la wilaya de Ghardaïa. En effet, pas moins de 184 détenus, dont 3 femmes, ont pris part aux épreuves qui se sont déroulées du 16 au 20 juin au sein de l’établissement pénitencier d’El Menéa, à 270 km au sud du chef-lieu de wilaya, Ghardaïa. « Toutes les conditions étaient réunies pour permettre à ces candidats de concourir dans les meilleures conditions possibles. Les 181 candidats hommes étaient installés dans des classes à part, alors que les trois candidates détenues étaient dans une autre classe sous la surveillance de six encadreurs, surveillants et observateurs, toutes des femmes. C’est dire que tout a été mis en œuvre pour permettre à cette frange de la société de saisir la perche pour se réinsérer dans les meilleures conditions possibles dans la société », affirme un magistrat de la Cour de Ghardaïa, qui précise que « certains lauréats du bac pourront rejoindre les bancs universitaires, alors que d’autres, par rapport à leurs peines de prison, peuvent bénéficier d’une formation à distance dans la prison. » Il ajoute que « le nombre de détenus inscrits au bac augmente chaque année, ce qui traduit l’intérêt porté par l’administration pénitentiaire à l’accompagnement des détenus désirant poursuivre leur cursus scolaire et bénéficier, en cas de réussite, de nombres de mesures conformément aux textes de loi. Ce qui les mettra à l’abri de toute tentative de récidive et les aidera à se réinsérer rapidement dans la société. » n