Par Rédaction culturelle
La deuxième journée du Festival Gnaoua et musiques du monde d’Essaouira, qui se déroule du 20 au 23 juin courant, a été marquée pour sa deuxième journée, vendredi dernier, par les concerts électroniques des Maâlem Bekkas et Hassan Hakmoun. Le spectacle a commencé dès 20h, sous un soleil crépusculaire qui a illuminé la scène déjà riche en couleurs, pour ne prendre fin qu’à 2h du matin, alors que la place était encore bondée de festivaliers infatigables, rapporte l’agence de presse locale.
C’est Majid Bekkas, un véritable as de gnaoua, qui a ouvert le bal au grand bonheur de ses fans et des férus de cet art ancestral. Pour réussir son show, Maâlem Bekkas n’est pas venu tout seul. Ce spécialiste en fusion et fin brasseur de multiples genres musicaux s’est produit durant cette soirée en compagnie notamment du Malien Aly Keita, pour dévoiler le fruit d’un projet qui leur a pris plusieurs mois de préparations. Le percussionniste malien de renommée mondiale est venu à Essaouira avec sa Marimba comme pour accentuer davantage les couleurs africaines du Gnaoua et de tout le festival, tandis que le saxophoniste et flûtiste belge Manuel Hermia a insufflé un air occidental à la prestation du groupe. Majid Bekkas a ravi l’assistance avec une série de classiques de Gnaoua, comme « El Baniya » ou « Ya Rasoul allah », mais aussi avec sa maîtrise de plusieurs instruments de musique. En effet, Bekkas a commencé le spectacle en jouant sur une guitare électrique avant de prendre son guembri habituel.
Et comme pour impressionner davantage un public déjà ébahi, l’artiste s’est muni d’un autre guembri qu’il a transformé en guitare électrique après l’avoir branché à une pédale d’effet distorsion et s’est livré à un solo de rock. Avant de quitter la scène, désormais éclairée par les projecteurs et les jeux de lumière, le soleil s’étant couché, Majid Bekkas a choisi de jouer un morceau de gnawa algérien, notamment de Biskra, là où cet art est appelé diwan, confiant à son public que c’est une chanson qu’il avait jouée en 1998 et qu’il présente pour la première fois aux festivaliers d’Essaouira.
«The Universal Force», le gnawi revitalisé de New-York
La dernière partie de cette soirée a été toute aussi généreuse que la première. Le Maâlem Hassan Hakmoun est venu de New-York pour mettre le feu à Essaouira.
Avec son énergie débordante et sa bonne humeur, ce Marrakchi qui vit aux Etats-Unis a livré un spectacle électrique à la grande joie de ses fans, venus pour la plupart d’entre eux le rencontrer pour la première fois en chair et en os. Entouré de Justin Purtill à la guitare, Leonardo Genovese aux claviers, Mathew Kilmer aux percussions, Dean Johnson à la batterie, Brahim Fribgane au oud et Chikako Iwahori aux chants, percussion, claquettes et danse, Hassan Hakmoun a livré le meilleur de son expérience musicale en tant que gnaoui et en tant que musicien. Muni de son guembri comme tout gnaoui confirmé, Hakmoun dirige un véritable orchestre comprenant des danseurs et percussionnistes gnaouis mais aussi des musiciens issus d’autres cultures. Ce Maâlem a fait de l’art de la fusion sa spécialité. Associant des instruments modernes aux crotales traditionnelles, Hakmoun a revisité, le long de son concert, un bouquet de chansons gnaouies des plus classiques.
Figure emblématique de la tagnaouite moderne, Hakmoun a orchestré avec brio musiciens et danseurs de renom pour présenter le projet «The Universal Force», alliant énergie contemporaine de New York aux rythmes ancestraux de Tagnaouite. Il est à noter que le Festival Gnaoua ne cesse depuis sa création de faire la promotion des musiques du monde traditionnelles et de mettre en avant la richesse du patrimoine musical mondial.<