« La feuille de route de l’Université algérienne pour un dialogue national». C’est ainsi qu’a été baptisée une initiative nationale de sortie de la crise politique, annoncée hier par le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) tendance Abdelhafid Milat. Cette démarche vise à trouver « une issue dans le cadre de la Constitution et l’organisation d’une élection présidentielle», a précisé le coordinateur national du Cnes, Abdelhafid Milat, lors d’une conférence de presse organisée au siège du quotidien El Wassat. Une précision qui renseigne suffisamment sur la piste privilégiée par le Conseil pour faire sortir le pays de sa situation actuelle, celle-ci est « constitutionnelle» et toute démarche allant à contresens est «inconstitutionnelle» et risquerait de maintenir cette crise dans la durée, a prévenu son secrétaire général, en référence à la période de transition revendiquée, faut-il le rappeler, par le mouvement populaire, l’ensemble des partis et personnalités politiques, mais aussi par la société civile, dont les syndicats.
S’il devait y avoir une période de transition, «il serait impossible de connaître sa fin, comme il serait impossible de faire émerger des représentants du Hirak », a-t-il affirmé pour conforter l’option du Cnes. «S’il y a une volonté politique, nous élirons le président de la République en novembre prochain. Nous devons aller vers des élections dans les plus brefs délais et ce sera au prochain président d’opérer les réformes nécessaires», en guise de recommandations formulées par le Cnes dans ce cadre, et pour lesquelles la feuille de route annoncée hier sert de support. Celles-ci compte comme principaux objectifs «la recherche de solutions à la crise politique dans le cadre de la loi et de la Constitution et l’organisation d’une élection présidentielle transparente et honnête dans les plus brefs délais et les meilleures conditions, outre le rejet de toute proposition appelant à sortir de ce cadre», a expliqué l’intervenant, ajoutant qu’elle sera élaborée par une commission composée d’experts en droit constitutionnel avant d’être dévoilée prochainement. L’initiative appelle à «un dialogue civil n’excluant personne» et dans lequel «l’institution militaire ne fera pas partie», a-t-il encore fait savoir. Interrogé par les journalistes sur les initiatives déjà proposées sur la scène politique, le coordonnateur national du Cnes a affirmé que «le refus» par son syndicat de les adopter était dû au fait que «ces initiatives sont justes des paroles dépourvues de mécanismes d’application, appartenant à certaines obédiences politiques et idéologiques». Il ne manquera pas, à ce propos, de critiquer certaines initiatives appelant « à une période de transition, à une Assemblée constituante et à une personnalité consensuelle, car susceptibles d’entraîner le pays dans des approches politiques ne pouvant pas faire l’objet de consensus et de le faire tomber dans une impasse ».
Concernant le volet syndical au sein du Cnes où plusieurs tendances s’affrontent depuis des années, M. Milat a annoncé « la fin du conflit interne qui rongeait le Cnes durant plusieurs années », affirmant que « la justice algérienne s’est prononcée sur la légitimité de la représentation du syndicat, en refusant la tenue du congrès parallèle et la reconnaissance de la direction actuelle en tant qu’unique direction légitime ».n