Avec la succession opérée à la tête de l’UGTA, c’est un autre bras du pouvoir, notamment durant le règne de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, qui effectue un changement en remplaçant la figure qui l’incarnait jusque-là.
Avant l’officialisation du départ de Sidi Saïd, remplacé par Salim Labatcha, plusieurs acteurs politiques et chefs d’organisations patronales ont été évincés de leurs postes. Au niveau des partis politiques, ce sont trois têtes de la défunte alliance présidentielle qui ont sauté dans le sillage du mouvement populaire, né au mois de février dernier pour réclamer le changement du système et le départ des figures qui lui sont apparentées. Ainsi, Mouad Bouchareb n’a été secrétaire général du FLN que pour une courte durée, lui qui était parvenu à ce poste dans des conditions confuses en succession à Djamel Ould Abbès.
Contesté, à la fois, au sein des structures du parti et en dehors du cadre partisan, notamment depuis son accession au rang de président de l’Assemblée populaire nationale (APN), l’enfant d’In Oulmane (Sétif) a vite été évincé du poste de secrétaire général pour laisser place à Mohamed Djemaï.
Le RND a été, lui aussi, précipité dans une crise organique sans précédent avec l’incarcération de son secrétaire général, Ahmed Ouyahia, mis en détention provisoire pour des affaires de corruption traitées par la justice et qui sont en lien avec son ancienne fonction de Premier ministre. Le Rassemblement aura ainsi été une victime collatérale de la chute de Bouteflika qui a entraîné celle d’Ahmed Ouyahia, limogé de la tête de l’Exécutif au lendemain du départ de l’ex-président de la République.
Le même scénario s’est imposé pour le Mouvement populaire algérien (MPA), dont le président Amara Benyounès est mis en taule laissant sa formation politique en proie à une crise et se cherchant une succession la moins couteuse entre un chef intérimaire et une direction collégiale. Pour le moment, des quatre têtes de l’alliance présidentielle, il n’y a que le chef de TAJ, Amar Ghoul, qui survit à la tempête, alors que des indiscrétions évoquent la levée de son immunité parlementaire qui ouvrirait la voie à des poursuites judiciaires à son encontre. Pour l’heure, il se fait très discret, voire effacé, aussi bien en sa qualité de sénateur au titre du tiers présidentiel qu’en sa qualité de chef de parti. La Cour suprême vient, cependant, depuis mercredi dernier, de le remettre au-devant de la scène en ordonnant la réouverture de l’affaire de l’autoroute est-ouest, dont la réalisation et le coût font l’objet d’enquête renvoyant aux années de Ghoul à la tête du ministère des Travaux publics.
Chez les organisations patronales et le monde des affaires, l’après-Bouteflika n’a pas été sans faire des victimes. Le cycle a été ouvert par le changement, plutôt inattendu, survenu à la tête du Forum des chefs d’entreprise (FCE), dont le premier responsable Ali Haddad a été contraint de renoncer à sa candidature pour un nouveau mandat dans le sillage des contestations populaires contre le régime en place avant de se retrouver en prison pour « faux et usage de faux ». Signe d’un malaise patent que traverse depuis le FCE, son patron intérimaire, Moncef Othmani, a dû écourter son passage et Hassan Khelifati, candidat à la succession de Haddad, s’est retiré de la course laissant Samy Igli seul prétendant à l’occasion d’un vote qui aura lieu demain.
Pas loin du FCE, c’est la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (Caci) qui change de chef avec le départ de Laïd Benamor remplacé par Abelkader Gouri. En définitive, ces changements marquent un renouvellement à la tête des entités politiques et du monde des affaires sur lesquelles s’appuyait le pouvoir politique.<