Tel le tonneau des Danaïdes, la problématique de la gestion des déchets ménagers refait de nouveau surface dans la wilaya de Tizi Ouzou qui connaît la prolifération des décharges sauvages. Quatre cent-soixante dépôts d’ordure non contrôlés y étaient recensés ces derniers temps, en dépit des solutions que tentent d’apporter les pouvoirs publics et les APC pour leur éradication.

L’incivisme des citoyens est souvent pointé du doigt comme étant un facteur favorisant la survivance de telles pratiques qui nuisent à l’environnement et au cadre de vie des habitants des villes et des villages, l’absence d’unités de traitement des déchets reste la cause principale de la multiplication des décharges sauvages. Des projets d’unités de traitement ont été initiés par les autorités. Si la mise en exploitation du CET de Tadmaït et celui d’Iferhounène est annoncée pour bientôt, les projets de CET de Boubhir, Fréha et Aghribs sont ainsi bloqués par l’opposition des riverains. Les arbitrages initiés par la wilaya et les APC n’ont pas permis de trouver un terrain d’entente avec les villageois qui refusent que ces projets soient positionnés sur le territoire de leurs communes. Pour rappel, Tizi Ouzou a bénéficié durant les deux derniers quinquennats de sept projets de réalisation de centres d’enfouissement technique (CET). Ils sont inscrits dans le cadre du programme de gestion intégrée des déchets communaux (Progdem). Seuls quatre d’entre eux ont été concrétisés sur le terrain, implantés à Oued Fali, à la périphérie du chef-lieu de wilaya, à Draâ El Mizan, Ouacif et Boghni, jouissant tous du statut d’intercommunalité. Fortement sollicités, ces CET, à savoir ceux de Oued Falli (Tizi Ouzou), Beni Douala, Beni Zmenzer et Draâ El-Mizan se heurtent déjà à un problème de saturation. Le tri sélectif, une technique à optimiser, initiée par l’antenne locale de l’Agence nationale des déchets (AND), entamé en 2013 à travers un projet pilote au niveau de la cité des Fonctionnaires dans la ville de Tizi Ouzou, trouvent des adeptes parmi les villages de la wilaya de Tizi Ouzou. Actuellement, on dénombre 150 sites voués au tri sélectif, à travers les villages et les quartiers de la wilaya. Cependant, le taux de déchets récupéré reste très faible. Au CET d’Oued Falli (commune de Tizi Ouzou), une moyenne de 300 tonnes par jour est traitée sur les 800 tonnes d’ordures reçues quotidiennement et provenant de plusieurs communes de la wilaya. La quantité de déchets récupérés ne dépasse pas les 8 %, selon les chiffres livrés à la presse par la direction de l’environnement, qui regrette que l’on passe ainsi à côté d’une solution aux problèmes de gestion des déchets qui, de plus, peut constituer un gisement de ressources pour l’économie des communes. n