Un prix de pétrole oscillant entre 70 et 80 dollars permettrait à Sonatrach de poursuivre ses programmes de développement, a indiqué jeudi le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab. « Nous voulons un prix qui permette à Sonatrach d’augmenter ses ressources et de réaliser ses programmes de développement. Ce prix tourne autour de 70 – 80 dollars le baril », a-t-il expliqué en marge d’une plénière du Conseil de la nation, consacrée à l’adoption du texte de loi sur les activités nucléaires civiles. Le ministre a fait ses déclarations sur fond d’une plaidoirie pour la stabilité des cours de l’or noir, et d’un juste prix pour lequel l’Algérie continue à œuvrer en conjuguant ses efforts à ceux des pays de l’Opep et non Opep, engagés dans l’accord de réduction de la production. Ceci d’autant que la stabilité recherchée ne profitera pas à la seule Sonatrach, mais aussi à tous les pays producteurs de brut, a-t-il souligné. En effet, « la stabilité des cours du brut à laquelle œuvre l’Algérie permettra aux pays producteurs de poursuivre leurs programmes de développement », a soutenu M. Arkab.
« L’Algérie travaille toujours pour la stabilité du marché pétrolier, car nous considérons que cette stabilité permettra à tous les pays, Opep et non Opep, de réaliser leurs programmes d’investissement et d’assurer la sécurité de l’approvisionnement aux pays consommateurs », a-t-il insisté, ajoutant que l’Algérie continuera à « discuter avec ses partenaires » en faisant preuve de
«flexibilité» pour toute proposition.
Des discussions qui, faut-il le préciser, s’inscrivent en droite ligne avec la tenue de la réunion de l’Opep+, dans 10 jours à Vienne. Un rendez-vous d’où émanera la décision à prendre à l’égard de l’accord de réduction en vigueur depuis le 1er janvier dernier et qui expire le 30 juin en cours. Autrement dit, les retrouvailles de l’Opep+ dans la capitale autrichienne s’acheminent d’ores et déjà vers la reconduction de cet accord pour le second semestre de 2019, sachant qu’un consensus s’est déjà dessiné autour de cette option depuis quelques jours déjà.
Le ministre saoudien de l’Energie Khaled al-Faleh l’a de nouveau confirmé en se montrant serein sur la perspective d’un renouvellement, désormais largement anticipé par le marché. « Nous sommes confiants que l’Opep ne va pas faire la même erreur que l’année dernière, quand elle avait ouvert les vannes entre mai et novembre, ce qui avait inondé le marché et provoqué la chute des prix au quatrième trimestre », a jugé, de plus, Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB. Le renouvellement ne fait d’ailleurs quasiment plus de doute depuis que la Russie a mis de côté ses hésitations en laissant transparaître assez explicitement son penchant pour de nouvelles coupes sur les six prochains mois de l’année. En attendant, les six premiers mois de 2019 ont vu l’Opep réduire sa production de 1,2 million de barils par jour, dont 800 000 barils répartis entre les pays membres de l’organisation et 400 000 barils entre les pays non-membres.
A quelques encablures de la réunion de Vienne, le scénario de limitation a toutes les chances de poursuivre son cours dans une conjoncture qui voit le marché évoluer dans l’hésitation, même si les cours ont repris du poil de la bête la semaine dernière, notamment depuis jeudi lorsque les marchés ont enregistré leur plus forte hausse de l’année (6,1%) lors d’une séance à New York. Hier, le baril de brut poussait encore vers le haut, à quelques heures de la fermeture hebdomadaire, avec un Brent de la mer du Nord pour livraison en août cédé à 64,84 dollars à Londres (en hausse de 39 cents par rapport à la clôture de jeudi), alors qu’à New York, le baril américain de WTI WTI, le contrat pour la même période gagnait 15 cents à 57,22 dollars. A l’origine de ce fort regain des cours, l’escalade qui est en train de marquer les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran et qui risque de rendre le baril encore plus cher si elle persiste.