Les perspectives ne s’annoncent pas sous de bons auspices pour le groupe allemand Siemens, présent en Algérie depuis plus de 50 ans, dans plusieurs secteurs stratégiques, telles l’énergie et la santé. En marge de la conférence de presse animée par les représentants de ce groupe, jeudi dernier à Alger, autour du lancement de Healthcare Academy, le directeur exécutif de Siemens en Afrique du Nord, Farouk Benabdoun, a confié que la conjoncture politique actuelle n’est pas sans retombées sur cette entreprise. «L’instabilité politique a impacté négativement nos investissements. Nous étions en pourparlers avec plusieurs investisseurs et opérateurs autour de nouveaux projets, mais ces derniers ont préféré ne pas s’avancer pour le moment. Les investisseurs sont en attente et nous également. En termes de perspectives, rien n’est clair, car, pour le moment, il n’y a pas de visibilité ni politique ni économique», déplore-t-il. Il appréhende une baisse du chiffre d’affaires du groupe à partir de 2020, s’il enregistre, au cours de cette année, un recul dans les commandes. «Pour l’instant, notre chiffre d’affaires n’a pas souffert de la situation actuelle car nous sommes en train de récolter les fruits de nos projets lancés en 2017 et en 2018. Mais si la commande est réduite cette année, le rendement sera moindre en 2020», explique-t-il. Le groupe, cela dit, étant acteur dans des secteurs stratégiques, ne craint pas une suppression totale des commandes. «Nous fournissons des secteurs sensibles comme la santé. Nous nous attendons certes à une baisse dans les commandes, mais pas au point d’être éjecté du marché», révèle-t-il. D’après la directrice des activités médicales en Algérie, Anne-Marie Mendes, le groupe représente de 25 à 35% des parts du marché national de la santé. Il fournit, dans ce secteur, les dernières solutions technologiques dans l’imagerie médicale. C’est ce qui a incité le groupe à ouvrir le centre de formation «Healthcare Academy» pour former les clients du groupe sur les équipements médicaux dont le nombre installé dans notre pays dépasse les 500. La formation est ouverte également aux clients extérieurs qui veulent parfaire leurs connaissances dans le développement de l’imagerie. «Nous avons remarqué que si l’intelligence artificielle prend de l’ampleur en Algérie dans le secteur de la santé, la formation ne suit pas vraiment. Dans nos contrats, certes, les formations sont incluses, mais elles ne sont pas suffisantes. Le centre que nous venons d’ouvrir propose justement une formation continue dans les équipements de l’imagerie», soutiennent les représentants de ce groupe. Ces solutions réduisent, selon eux, les délais de diagnostic et le temps que les patients passent sur les machines. Les comptes rendus, en outre, sont plus précis. A partir du mois de septembre, les premiers «élèves» auront le choix entre plusieurs modules dans l’utilisation du scanner, de l’IRM, de l’échographie, et dans le post-traitement. «Nous déplorons l’inexistence de conventions de prévention en maintenance qui permettent l’acquisition rapide de pièces de rechange en cas de panne.
Actuellement, cela prend plus de trois semaines pour détecter la panne et ramener la pièce de rechange, pénalisant ainsi les patients», souligne le groupe, appelant les pouvoirs publics à alléger les procédures des importations dans le secteur de la santé.