La famille Haddad, propriétaire du groupe « Médias Temps Nouveaux », s’est engagée à faciliter la transaction de rachat de l’entreprise, qui traverse des difficultés financières notamment depuis la mise en détention de son patron Ali Haddad.
«La direction a obtenu l’engagement ferme des propriétaires en vue de faciliter la transaction et d’entamer les négociations dans les meilleurs délais, dans le seul intérêt des travailleurs et la préservation de l’entreprise », selon un communiqué du groupe signé par son directeur général, Abrous Outoudert.
L’ampleur des difficultés financières auxquelles est confrontée, aujourd’hui, l’entreprise appelle
« des mesures beaucoup plus radicales, comme trouver un repreneur », peut-on lire dans le même document, rendu public au lendemain du rassemblement tenu par les employés du groupe devant la Maison de la presse Tahar- Djaout.
Des dizaines de travailleurs exerçant dans les chaînes de télévision (Dzair News et Dzair TV) et les deux journaux (Le Temps d’Algérie et Waqt El Djazair) du groupe ont fait part à cette occasion de leur désarroi et leur inquiétude quant à l’avenir de leurs postes d’emploi.
Le groupe médiatique, lancé en 2009, compte 400 employés entre journalistes, techniciens, caméramans, agents et autres.
Si la situation financière du groupe n’est pas rassurante depuis un certain temps, les choses se sont davantage aggravées ces derniers mois, témoignent des employés.
Un constat souligné par la direction, dans son dernier communiqué qui explique que « les difficultés financières du Groupe ne datent pas d’aujourd’hui », évoquant « la conjoncture difficile que traverse le Groupe ETRH Haddad pour des raisons que tout le monde connaît », allusion faite à la mise en détention du président du groupe.
« Le Groupe ETRHB, qui venait en aide au Groupe Medias Temps Nouveaux, à chaque fois qu’il était en difficulté financière, n’est plus en mesure de l’assurer aujourd’hui », explique la direction générale du groupe. Cette dernière regrette également le retrait des annonceurs publicitaires sur les titres du groupe ainsi que la suspension de la publicité publique dont bénéficiaient ses deux journaux.
« Depuis que le Groupe Haddad est en mauvaise posture, plusieurs de nos annonceurs habituels se sont, malheureusement, retirés, ce qui a impacté considérablement les recettes publicitaires de l’entreprise», indique le communiqué. Et de relever que « le coup de grâce est venu de l’ANEP qui a suspendu depuis le 9 juin la publicité octroyée aux deux quotidiens «Le Temps d’Algérie» et «Waqt El Djazair», qui, pourtant, étaient loin d’être les mieux servis par I’agence publique ».
La direction, visiblement dans un souci de rassurer les employés qui craignent pour leur avenir professionnel, fait état de « l’exploration » de toutes les possibilités pour sauvegarder I’outil de production, entre autres « la fusion des deux chaînes en un seul canal de diffusion en vue de réduire les coûts induis, (qui) fait partie (la fusion ndlr) d’une nouvelle organisation à mettre en place ». La direction parle, ainsi, d’une «incompréhension» qui a accompagné cette démarche donnant lieu à une rumeur de «prétendue compression d’effectifs qui est totalement infondée», ajoutant qu’elle «n’envisage pas une telle mesure parce que, aujourd’hui, elle s’avère inopérante ».
Le groupe ETRHB avait fait état récemment de sa volonté de se désengager du club de l’USMA, dont il avait racheté les actions il y a 9 ans pour en devenir l’actionnaire majoritaire, estimant que «l’unique solution réside dans l’ouverture du capital (…) en vue d’intéresser un ou plusieurs repreneurs potentiels», selon un communiqué du club des Rouge et Noir, relevant la disponibilité de l’ETRHB à faciliter la transaction de rachat.
Pour rappel, Ali Haddad a été condamné, lundi dernier, à 6 mois de prison pour détention (illégale) de deux passeports, découverts lors de son arrestation fin mars à un poste frontière avec la Tunisie.
Il est également visé par l’une des nombreuses enquêtes judiciaires ouvertes depuis la démission, le 2 avril, du président Abdelaziz Bouteflika, contre des hommes d’affaires et de hauts responsables soupçonnés de corruption.<