C’est sous une chaleur torride et une humidité étouffante qu’a débuté cette 32e édition de la Coupe d’Afrique des Nation au Caire. La trépidante et bouillonnante capitale égyptienne accueille cette CAN, la première avec 24 participants, ce qui déjà devrait constituer un véritable challenge organisationnel.

Le Caire de notre envoyé spécial Moumene Belghoul
Les autorités égyptiennes semblent avoir mis le paquet pour la réussite de cette compétition qu’ils avaient accepté à organiser depuis quelques mois seulement. La sécurité semble être la plus grande obsession des organisateurs. Rien n’est laissé au hasard, les accès aux enceintes des compétitions sont strictement contrôlés. Dans une capitale où vit presque vingt millions d’habitants et où se déplacer n’est pas une sinécure, la mission sera à suivre. La CAN est sous le regard, un évènement sportif qui attire de plus en plus de médias européens, tant la majorité des stars évoluent dans les clubs du vieux continent. L’Egypte a même lancé une chaine de télévision qui émet en terrestre pour transmettre la compétition dans un souci de ne pas subir le dictat des chaines ayant l’exclusivité des droits TV. Et lorsque l’on sait que le principal groupe en question a pour nom BeIn sport l’on comprend mieux cet empressement. Les relations entre l’Egypte et le Qatar ne sont pas bonnes, c’est le moins que l’on puisse dire, et le lancement de cette chaine est en soit une volonté de s’affranchir du monopole des Qataris. Ces derniers exigent des sommes astronomiques aux télévisons nationales pour céder le signal des retransmissions terrestres. En tant que pays organisateur l’Egypte a voulu s’affranchir de ce monopole. Usant des normes modernes cette chaine de télévision sportive spéciale CAN semble être déjà un important moyen mit pour la réussite de l’évènement. 

Les médias mis à contribution
En ce début de compétition l’ambiance africaine n’est pas totalement au rendez-vous, les Egyptiens affairés par les difficultés de la vie quotidienne ne s’enflamment pas encore pour cet évènement que l’Etat semble prendre pourtant à bras le corps. Les médias sont en tout cas mis à contribution, radios, télévisons, journaux, la CAN est omniprésente. Les consignes de sécurité tournent en boucle et les explications concernant le nouveau système de billetterie, le fameux «fan ID », mis en place comme durant le mondial russe ne s’arrêtent pas. «Ça va aller crescendo, les premières victoires de «Masr » vont faire drainer les foules et enflammer les supporters », estime Tamer chauffeur Uber, une fonctionnalité qui s’avère pratique et non onéreuse dans la tentaculaire capitale égyptienne. Ahmed, vendeur ambulant de drapeaux et de vuvuzellas est convaincus, lui, de la victoire de son équipe. «Impossible que cette coupe nous échappe, elle est égyptienne, Mohamad Salah est là, dit-il en essayant vendre sa marchandise aux passants. Fathy, tenancier du Café Oum Kalthoum dans le quartier Adly a installé un grand écran à l’entrée de son établissement pour permettre à ses clients de suivre les rencontres de la CAN et de l’équipe d’Egypte notamment. «Ya rab qu’on gagne ! » dira-il en levant les deux mains au ciel. Au Caire où l’on doit être absolument être soit Ahlaoui ou Zamalkaoui du nom des deux grands clubs de football cairotes, l’on parle facilement football. A la veille du coup d’envoi le président de la Confédération africaine de football Ahmad Ahmad avait remercié l’Egypte d’avoir accepté de palier à la défection du Cameroun pour organiser cette compétition. Les fausses note de l’organisation ne semblent pas trop déranger pour une compétition habituée au pire. Durant quatre semaines le Caire, Alexandrie, Ismailya et Suez vivront au rythme du football africain, la phase du premier tour devrait être fort disputée. Après Egypte-Zimbabwe en ouverture, place aujourd’hui aux rencontres du groupe B.n