Le 18e vendredi de marches populaires n’a pas dérogé à l’habitude avec une démonstration de force désormais installée dans la durée. Le mouvement, né le 22 février, qui boucle ainsi son quatrième mois garde ses capacités de mobilisation intactes malgré le recours aux moyens de contrôle et de dissuasion.
En plus du constat attestant un engagement infaillible et une mobilisation jamais démentie même dans la durée, c’est manifestement l’effet boomerang qui galvanise le rythme des manifestations publiques.
Car, le constat est bien là, implacable : plus le pouvoir politique recourt à des méthodes répressives et d’intimidations à l’encontre des manifestants, plus la mobilisation se renforce. C’est vraisemblablement l’enseignement majeur à tirer de cette nouvelle mobilisation pour le changement qui se veut plus insistante en dépit des contrariétés qu’elle rencontre. A l’évidence et à l’issue de la mobilisation d’hier à travers tout le territoire national, le pouvoir politique a plus d’un argument et plus d’une preuve que le mouvement populaire est plus que jamais déterminé à aller au bout des revendications formulées depuis son irruption il y a quatre mois.
Cette détermination et cet engagement se vérifient semaine après semaine, mois après mois, au moment où les autorités misaient sur d’autres facteurs qui auront révélé qu’ils ne seront d’aucun impact sur la réalité.
Le pari sur l’essoufflement, qui était à l’ordre du jour pendant le mois de carême, aura vécu. Celui de miser sur les offres politiques n’a pas eu le résultat escompté.
Et au bout du compte, le blocage est total. D’où l’urgence pour le pouvoir politique de changer d’approche en donnant du corps à son offre portant sur le dialogue. Car dans l’absolu, le mouvement populaire, tout comme les courants de l’opposition qui l’accompagnent, ne sont pas hostiles à l’idée d’un dialogue devant déboucher sur une solution à la crise politique et institutionnelle que traverse le pays.
En définitive, cette carte de dialogue annoncé gagnerait à être explicitée pour prétendre enclencher une amorce de solution d’autant plus que les acteurs politiques sont convaincus que seul le dialogue est à même d’ouvrir une voie de solution.