Lundi devait être la journée de la participation de Constantine à l’établissement d’une feuille de route, de propositions, bref un panel d’offres de sortie de crise à joindre ou pour enrichir le brainstorming des associations de la société civile d’Alger où des propositions de sortie de l’impasse constitutionnelle ont été mis en route. Constantine, à la traîne, se devait de réagir et elle l’a fait lundi. Du moins elle devait le faire. Sauf que cela a tourné au vinaigre.

« La formation à la citoyenneté », le thème du rendez-vous, a commencé à rencontrer des oppositions sur la toile, car c’est sur celle-ci que les «propositions» des membres de la société civile ont été lancées. Sauf que les initiateurs n’étaient autres que d’anciens «suporters» de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika. De plus, ces mêmes personnes ont eu affaire à la justice à plusieurs reprises dans des micmacs à la mesure de leurs prétentions politiques et sociétales. Donc, organiser une rencontre pour « sensibiliser » les Constantinois avait un air de déjà vu et les nombreux participants n’ont pas été dupes. « Nous nous sommes déplacés pour mettre à nu les desseins de ceux qui nous prennent encore pour des imbéciles. Depuis plus de vingt ans, ils ont mangé à tous les râteliers et ils veulent enfourcher le Hirak sous une couverture de membres de la société civile à laquelle ils ont toujours appartenu, mais pas avec les mêmes valeurs que prônent les Constantinois.» «La rencontre a été organisée sous l’égide du wali et ce dernier devait rentrer dans la salle après le début des travaux, comme par hasard et comme simple citoyen. Mais les dés pipés ont été découverts, tout comme les dessous d’une rencontre qui devait acheter une nouvelle virginité à ceux qui ont été de toutes les magouilles », nous dira Sofiane, qui s’est essayé à plusieurs associations qu’il a dû quitter après avoir découvert les intentions de leurs initiateurs. C’était donc normal que les animateurs de la «coordination de wilaya du mouvement associatif» aient échoué à traiter à terme leur rencontre organisée à la maison de la culture Malek-Haddad. Mohamed Lattafi, un des organisateurs de la rencontre, décrié à souhait sur Facebook, appelait «à une contribution pleine pour ouvrir les discussions autour des affaires de la wilaya de Constantine». Mais vu le passé «politique» du nommé plus haut et à l’instar d’autres organisateurs, la couleuvre était trop grosse à avaler, des relents de l’administration locale ayant été sentis dès les invitations envoyées.
«C’est une manœuvre des autorités locales, par le biais des associations observées comme un prolongement du pouvoir. On a voulu nous utiliser, mais on a tout découvert avant même le début des hostilités », nous dira encore Sofiane. La rencontre qui devait être un tremplin des idées constantinoises a été un flop retentissant, les nombreux présents ayant jeté à la face des organisateurs des vérités qu’ils ne se seraient pas permis avant le 22 février de cette année. Des noms d’oiseaux et des presque bagarres ont caractérisé l’occasion où les jeunes, étudiants pour la plupart, rebelles incriminaient les organisateurs d’appartenance au pouvoir corrompu, ponctué par des «tetnahawe gaâ» qui fusaient du fond de la salle. Le wali, qui était en route pour la salle du palais de la culture Malek-Haddad, a, nous-a-t-on assuré, rebroussé chemin ayant été averti de la tournure prise par les événements. Bien lui en pris car on aurait mal imaginé un officiel entrer «par hasard» dans une salle où des jeunes récalcitrants n’avaient pas fini de solder leurs comptes avec des personnes qui les ont toujours représentés à leur insu. n