Après une journée de fortes rumeurs et de grosses incertitudes sur son déroulement à la date prévue et avec l’ordre du jour initial, le congrès de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a pu se tenir non sans une cascade d’interrogations quant à son issue dont les résultats devraient être connus aujourd’hui.

Le lieu du rendez-vous, abrité finalement par le Centre international des conférences (CIC), n’a été révélé que la veille de la rencontre, ce qui dénote d’un enjeu important autour d’un congrès dans lequel le patron de la centrale syndicale joue son avenir. Cette question implique nécessairement celle des congressistes, dont le nombre avoisine les 600, dont la représentation est sujette à interrogation, particulièrement au vu des manifestations précédentes menées par les différentes sections de l’UGTA réclamant le départ de Sidi Saïd. L’effervescence était au rendez-vous, mais pas de l’intensité à laquelle on pouvait s’attendre au vu des préparatifs liés au congrès. « Yatnahaou Gaâ » a été même scandé à l’ouverture des travaux, mais sans grand impact sur son déroulement, qui a vu Sidi Saïd réaffirmer qu’il ne briguera pas un énième mandat à la tête de la centrale syndicale. « Pour initier le processus de changement, je déclare solennellement que je ne suis pas candidat au poste de secrétaire général de l’UGTA », a-t-il déclaré, ajoutant que « les assises de ce congrès se tenaient en toute légalité avec la participation de congressistes de tout le territoire national ». Après quoi, le successeur d’Abdelhak Benhamouda à la tête de l’UGTA a quitté les lieux laissant les congressistes répondre chacun à sa manière aux interrogations des médias nombreux pour la circonstance. Sidi Saïd aurait-il pesé sur l’issue du congrès et la future composante de la direction nationale ? C’est toute la question que se posaient les présents à un congrès accompagné de plus d’un doute. Dans les statuts de cette organisation syndicale, il est stipulé que les congressistes peuvent élire les membres d’une nouvelle commission exécutive nationale qui, elle, dégagera un secrétariat et un secrétaire nationaux. Les mêmes statuts prévoient aussi que les congressistes peuvent élire directement un nouveau secrétaire général. Ce cas de figure est généralement appliqué quand le nouveau secrétaire général fait l’objet, avant son élection, d’un large consensus au sein des congressistes comme on l’a déjà vu il y a cinq ans quand Sidi Saïd avait été élu encore une fois, secrétaire général durant le 12e congrès.

Défection de quelques fédérations
Le 13e Congrès de l’UGTA a connu la participation de 522 délégués qui représentent les 48 wilayas ainsi que 28 fédérations et ce, en dépit des 161 membres de la commission exécutive sortante, selon les informations fournies par Ahmed Guettiche, secrétaire national chargé des relations publiques.
Ce nombre représente 80 % des délégués convoqués pour le congrès, c’est-à-dire plus des deux-tiers nécessaires à la tenue des travaux, selon le même responsable. La centrale syndicale compte 30 fédérations, les délégués de deux fédérations, celle de l’industrie mécanique et celle de la femme travailleuse, n’ont pas participé en signe de contestation à l’égard de la direction actuelle, selon des congressistes. Les congressistes étaient sur le point d’entamer l’élection de la nouvelle commission exécutive nationale, une opération qui risque de durer de longues heures, selon certains congressistes, qui avaient auparavant assisté à la présentation du rapport financier et moral de la commission exécutive sortante. Le nom de Selim Labatcha, secrétaire général actuel de la Fédération nationale de l’industrie agro-alimentaire, était le plus répandu pour être élu comme nouveau secrétaire général de l’UGTA.