Certains sont venus à leurs propres frais. Seuls ou avec une agence de voyage. D’autres ont été tirés au sort dans des tombolas. Les Algériens aiment leur sélection et pour la soutenir lors de la CAN 2019 (21 juin – 19 juillet) en Egypte, ils sortent le chéquier et font du bruit. Un tas ! La compagnie aérienne Air Algérie mes transporte vers le pays du Nil avec une cadence de 300 passagers/jours. Les avions partent «full » vers le Caire. Dans le couloir vers la porte d’embarquement de la nouvelle aérogare d’Alger, ils se faisaient déjà entendre. Des chants, un gars avec un haut-parleur et un autre qui tenait un grand tambour, le décor était déjà planté. Les supporters des «Fennecs» sont déjà chauds bouillants avant même d’arriver à destination. «Rana djina ya el faraîna !» (nous allons arriver oh Pharaons !), le chambrage des Egyptiens a déjà commencé sachant les antécédents historiques entre les deux nations pour ce qui est du football. Sinon, il y avait aussi le légendaire et célèbre «One, two, three, Viva l’Algérie ! » que les quelques quarante inconditionnels faisaient déjà entonner. A peine le temps de faire l’ultime «checking » et monter dans l’avion, on a croisé un jeune qui a décidé de faire le déplacement. Pour lui, c’est un peu un saut dans l’inconnu parce qu’il n’avait pas vraiment prévu d’assister à la CAN. «Je vous dis un truc : je vais en Egypte sans un sou en poche (rire). A vrai dire, ce voyage je l’ai gagné dans une tombola sur facebook. J’ai participé sans trop y croire. Le 27e jour du Ramadan, j’étais chez le coiffeur et là mon téléphone a sonné. Au bout du fil, quelqu’un me disait que j’avais gagné un séjour en Egypte. J’ai pensé que c’était une farce. Même mes potes et ma famille croyaient que c’était un canular. Finalement, j’ai fait les démarches auprès de l’agence qui se trouve à Batna et me voilà ici !», nous a raconté Abdelhak qui vient à peine de fêter ses 24 ans.

«Jouer avec le cœur »
L’amour de l’équipe nationale est transgénérationnel. On a pu le vérifier en croisant un monsieur d’une soixantaine d’année, Abdellah. N en l’occurrence, qui a organisé son séjour avec une agence de voyage pour 140.000 DA. «Avant, quand je travaillais, je ne pouvais pas vraiment bouger parce que c’est un peu délicat dans notre secteur. Mais là, j’ai décidé de partir regarder la sélection sur place », a indique cet ancien gendarme désormais retraité. Il n’a qu’un seul souhait : voire les Fennecs aller loin de la compétition : «je pense qu’on a une bonne équipe. Si on ne réalise pas quelque chose cette fois, ça sera dur de le faire dans l’avenir. Surtout que, pour cette édition, on jouera en Afrique du Nord». Quant à ses joueurs préférés, il y en a deux qu’ils affectionnent particulièrement : «bien-sûr on ne peut pas parler de la sélection sans penser à Riyad Mahrez. J’aime aussi Atal parce qu’il joue à fond », notera-t-il en ajoutant : «par le passé, nous avions des joueurs mais ce qui faisait la force du groupe, c’était le fait de jouer avec le cœur.» M. Abdellah est convaincu que la grinta sera décisive pour réaliser une bonne campagne : «j’ai entendu les joueurs parler, et je pense que, pour cette fois, ils sont investis à 100% », estime-t-il. Espérons que ce pressentiment soit confirmé sur le terrain.n

Raouf Salim Bernaoui était à bord
Lors du vol Alger – Le Caire, le ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), Salim Raouf Bernaoui, était parmi les passagers. L’ancien président de la Fédération algérienne d’escrime (FAE) a fait le voyage pour assister à la cérémonie d’ouverture hier. Une fois en Egypte, il est aussi passé rendre visite à l’équipe nationale, à pied d’œuvre dans la capitale égyptienne depuis 4 jours, avant sa première sortie prévue demain contre le Kenya. Un match que Bernaoui devrait suivre depuis les gradins du Stade 30 juin.M. T.