Le procès de Kamel Chikhi, connu sous le sobriquet « El Bouchi », a été reporté au 3 juillet prochain, et ce, pour absence du juge d’application dû à un malaise de santé, apprend-on de sources proches du dossier.
Le procès du magnat de l’immobilier, en détention provisoire à la prison d’El-Harrach depuis 13 mois, est ainsi reporté pour une deuxième fois, après un premier report décidé le 20 mai dernier suite à la demande de la défense. L’affaire concerne des documents, des livrets fonciers et des actes de propriété relatifs à la société de l’accusé. Outre Kamel Chikhi, les 12 autres inculpés sont des cadres de la Conservation foncière et de l’urbanisme de plusieurs communes d’Alger, Kouba, Aïn Benian, Draria, Chéraga, Hydra, ainsi que des contrôleurs et conservateurs fonciers d’Hussein Dey et de Bouzaréah. Alors que le procès prévu hier devait être consacré à l’affaire des conservateurs fonciers, la famille de Kamel Chikhi a demandé, à l’unisson, l’ouverture en « urgence » du dossier lié à l’affaire de la cocaïne, dont l’enquête préliminaire s’est soldée par le déferrement de plusieurs suspects devant la justice pour « corruption et pots-de-vin versés en contrepartie de facilitations au profit du prévenu pour des activités liées à la promotion immobilière ». « L’enquête se poursuit depuis 13 mois et les autorités compétentes n’ont pas trouvé de preuves inculpant Kamel Chikhi dans l’affaire de la drogue, mais le dossier est tombé aux oubliettes et le boucher est gardé en détention préventive depuis plus d’une année », dira Ahmed Chikhi, frère du prévenu. Ce dernier indique que lui et sa famille placent leur confiance dans la justice algérienne, le chef d’état-major Gaïd Salah et le nouveau ministre de la Justice Slimane Brahmi. « Le chef d’état-major a promis, le 10 avril dernier, de rouvrir les dossiers de corruption, y compris celui d’el Bouchi, lié à la drogue, pour entamer des poursuites judiciaires contre toute la bande impliquée dans les affaires de détournements des fonds publics et d’abus de pouvoir pour s’enrichir illégalement occasionnant des pertes considérables au Trésor public. Deux mois déjà se sont écoulés sans qu’il n’y ait une suite dans l’affaire», rappelle Ahmed Chikhi, qui « interpelle Gaïd Salah pour l’ouverture du dossier de la cocaïne ».
Au lendemain de sa mise en détention préventive, la famille du magnat de l’immobilier a été sidérée en découvrant que Kamel Chikhi, contrairement aux autres prévenus, a été interdit de son droit d’avoir un couffin de produits alimentaires. « Depuis son incarcération, il a été privé du couffin suite à une décision prise sur instruction de l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh, mais depuis la mise en détention préventive d’Ali Haddad, à qui il est permis de bénéficier naturellement de son droit de couffin (10 kg) deux fois par mois, la mesure a été élargie également à Kamel Chikhi et ses 6 codétenus », fait savoir un proche du magnat de l’immobilier.<