Les signes d’une solution à la crise politique et institutionnelle que traverse le pays ne sont pas encore au rendez-vous au vu des deux options, visiblement inconciliables, en présence.
Les deux options, celle du pouvoir politique attaché à l’élection présidentielle au nom du respect de l’ordre constitutionnel, et celle de l’ensemble de l’opposition plaidant pour une période de transition placent la crise dans la durée.
L’activité politique de la semaine est venue réaffirmer toute la difficulté à voir se dessiner des points de convergence, alors que la crise est partie pour entamer son 5e mois. Car, à l’évidence, ce ne sont point les initiatives qui manquent.
Aussi bien la société civile que les différentes formations politiques ont formulé des propositions de sortie de crise au moment où d’autres feuilles de route sont également attendues pour les jours et semaines qui viennent.
Au cours de la même semaine, l’institution militaire a réitéré son attachement à la voie constitutionnelle en écartant tout scénario de transition, préférant inviter les courants de l’opposition et le mouvement populaire à un dialogue qui n’arrive pas à prendre forme sur le terrain.
Et si le pouvoir politique ne veut pas dissocier son offre de dialogue de l’agenda électoral qu’il défend, les partisans du changement n’accordent pas la moindre utilité à une échéance présidentielle menée par les dirigeants contestés par la rue et sous l’encadrement en vigueur.
Pourtant, acteurs politiques comme pouvoir politique s’accordent à dire que point de salut sans l’étape du dialogue qui visiblement se cherchent un déclic.
Pour l’heure, les deux parties campent sur leurs positions respectives prolongeant ainsi la durée d’une crise politique qui a vu, dans le sillage, se poser d’autres problématiques, qui ne manquent pas, elles aussi, d’acuité.
Il s’agit notamment des questions à dimension économique posées sous l’effet de l’urgence politique, mais également celles en relation avec la justice dont l’appareil est porté, depuis quelques semaines, au-devant de la scène dans un emballement politico-judiciaire jamais vécu par le pays.