Dans la discrétion totale, le ministre des Ressources en eau, Ali Hammam, s’est rendu dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès, mardi matin, où il a mis en service la station de traitement des eaux du barrage Sarno situé dans la commune de Sidi Hamadouche.
La station destinée à alimenter quatre localités de la zone nord-est de la wilaya, les communes Sidi Hamdouche, Sidi Brahim et Aïn El Berd et le village Delahim, après avoir fait l’objet de réhabilitation et d’aménagement, pour améliorer la qualité d’eau et renforcer la quantité à 4 300 m3 par jour.
Une nouvelle station de haute technologie, qui a été transférée de Taref en 1999 et mise en service en 2001, s’est détériorée et éjectait une eau avec un arrière-gouût.
Les travaux de réhabilitation, qui ont concerné la réalisation de deux chaînes de traitement de l’eau d’un débit de 25 litres à la seconde par chaîne ainsi que l’aménagement du site abritant la station, ont nécessité un montant de 400 millions de dinars.
Au niveau de ladite station, le ministre des Ressources en eau a écouté l’exposé sur les projets de transfert des eaux de dessalement de l’eau à partir des stations d’Aïn Témouchent et Tlemcen, afin d’augmenter le débit d’eau et l’approvisionnement d’autres localités de la zone nord-est de la wilaya, qui souffre de la rareté des ressources en eau.
La wilaya de Sidi Bel Abbès qui manque de sources d’eau est alimentée à partir des wilayas limitrophes, à savoir chott Chargui de Bayadh, chott Gharbi de Naâma, Barrage Beni Bahdel de Tlemcen, barrage de Chorfa et Bouhanifia dans la wilaya de Mascara. Le déficit est enregistré avec acuité dans 37 communes qui sont approvisionnées un jour sur trois, 48% des communes sont approvisionnées quotidiennement h24, 28% un jour sur deux et 24% un sur trois.
La zone nord de la wilaya de Sidi Bel-Abbès qui représente 60% de la population sera sécurisée en eau potable après la réalisation des avant-projets sommaires, qui concernent le transfert de 100 000 m3/j à partir des cratères de Dzouia à Aïn Témouchent et à partir des couloirs de Mactaâ et Maâou de Tlemcen.
L’hôte de la wilaya a visité la station d’épuration des eaux usées située au quartier le Rocher. Une station qui traite 91% des eaux usées destinées à l’irrigation des terres agricoles au lieu de les laisser se déverser dans l’oued. Le ministre a proposé la création d’un périmètre d’irrigation et l’utilisation de la boue pompée dans l’agriculture. «La station éjectera 28 000 m3 à l’horizon 2020 », annonce-t-on.
Le ministre des Ressources en eau a suivi l’exposé sur le projet d’aménagement de l’oued Makarra qui traverse la ville de Sidi Bel-Abbès. Un barrage écrêteur a été réalisé dans la commune de Tabia, qui protège la ville des inondations. Le projet d’éradication de 46 rejets sur 6 kilomètres est en cours, il reste l’aménagement de l’oued prenant en compte l’urbanisation de la ville.
Recouvrir le lit de l’oued afin de protéger l’environnement est le souci du wali de Sidi Bel-Abbès, qui a estimé le projet à 17 milliards de DA et obtenu l’accord du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales pour le financer par le fonds de garantie et de la solidarité. Le wali de Sidi Bel Abbès a souligné avoir dégagé une enveloppe de 35 milliards de centimes de son programme 2018, pour lancer un premier tronçon de l’oued sur 600 mètres. Dans un point de presse, le ministre des Ressources en eau a déclaré que sa visite s’inscrit dans le cadre de la préparation de la saison estivale pour le renforcement de l’alimentation des communes en eau potable, et dira qu’au sujet du problème du manque de ressources en eau dans la wilaya, un plan sera mis en exécution pour régler la problématique de la distribution de l’eau potable de façon définitive à travers la wilaya de Sidi Bel-Abbès et les wilayas limitrophes, a-t-il assuré. Un projet qui sera enregistré en priorité, malgré le montant à lui réserver et la situation financière du pays.
Le représentant du gouvernement a accordé par ailleurs un projet d’extension de la station d’épuration des eaux usées qu’il dira inscrire au programme sectoriel de l’exercice 2020. Un projet qui nécessite une enveloppe de 1,200 milliard de dinars, pour aussi lever les contraintes des odeurs nauséabondes qui sont un désagrément pour la population voisine de la station. Toutes les propositions seront prises en compte finira par rassurer l’hôte de la wilaya.n