Le chef d’état-major de l’ANP a évoqué, hier, des tentatives d’infiltration des marches populaires à travers lesquelles sont brandis «d’autres emblèmes que l’emblème national».

Après avoir abordé, les premier et deuxième jours de sa visite en 3e Région militaire (Béchar), la question liée à la tenue de l’élection présidentielle et écartant tout scénario de transition, le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, est revenu sur le déroulement des manifestations populaires évoquant des tentatives «d’infiltration» avec exhibition d’emblèmes autres que celui national. Y aurait-il un lien avec la dernière mobilisation populaire, qui a vu l’emblème amazigh très présent dans les marches à l’occasion de la commémoration de la marche du 14 juin 2001 à l’appel des aârchs de Kabylie ? La question reste posée. Mais, toujours est-il, Ahmed Gaïd Salah met en garde contre ceux qui brandissent des drapeaux autres que l’emblème national.
«Il m’appartient également en cette occasion d’attirer l’attention sur une question sensible, à savoir la tentative d’infiltrer les marches et porter d’autres emblèmes que notre emblème national par une infime minorité», a déclaré le chef d’état-major, dont ce n’est point la première fois qu’il traite de ce sujet depuis l’irruption du mouvement populaire le 22 février. «Je tiens à souligner dans ce cadre la nécessité du respect total des symboles de l’État, à leur tête l’emblème national, en ce qu’il représente une symbolique sacrée de l’unité de la nation et du peuple et des sacrifices des générations à travers l’histoire», avait-il déclaré, à la mi-avril, lors d’une visite en 4e RM.
Cette déclaration avait suscité, pour rappel, une série de réactions dont certaines alertaient sur les risques de voir surgir des débats sur la question identitaire.
Dans sa plaidoirie à Béchar, il a souligné que l’Algérie «ne possède qu’un seul drapeau, pour lequel des millions de chouhada sont tombés en martyrs», ajoutant qu’il y a «un emblème unique qui représente le symbole de la souveraineté de l’Algérie, de son indépendance, de son intégrité territoriale et de son unité populaire». Estimant qu’il est « inacceptable de manipuler les sentiments et émotions du peuple algérien», le vice-ministre de la Défense a fait part des instructions dont ont été destinataires les forces de l’ordre pour y veiller. «Des ordres et des instructions stricts ont été donnés aux forces de l’ordre pour une application rigoureuse des lois en vigueur et faire face à quiconque tente encore une fois d’affecter les sentiments des Algériens à propos de ce sujet sensible et délicat», a-t-il souligné.

«Les griffes de la bande»
Sur un autre registre, Ahmed Gaïd Salah a évoqué la reprise de «l’élan du développement avec une cadence plus rapide» sur fond de «détermination plus forte et des objectifs plus nobles». Son argument pour cette perspective réside dans la libération du pays de «la bande». Il dira à ce propos qu’il «n’y aura plus de place à la crise économique ni toute autre crise, une fois que l’Algérie se sera libérée des griffes de la bande, des prédateurs et de ceux qui ont trahi la confiance, et qu’elle restera attachée à son référentiel novembriste national». La veille, il avait souligné que tous les indices confirment que «la crise économique que traverse le pays est due, en premier lieu, à la mauvaise gestion de la part de quelques responsables qui ont bafoué le devoir et le sens de l’engagement et de la responsabilité dont ils sont tenus de porter le fardeau». Il a soutenu, par la même occasion, que la cause fondamentale de la crise économique dont souffre le pays «est un problème de gestion en premier lieu, à savoir que les deniers publics étaient pour certains gestionnaires, de l’argent commun, voire permis, où ils se servaient à volonté, quand ils voulaient, en toute impunité et sans contrôle ou considération envers le poids de la responsabilité dont ils portent le fardeau».