Des caméramans, des techniciens ainsi que des journalistes de la direction du groupe Médias Temps nouveaux (MTN), qui appartient au groupe Haddad, ont organisé, hier matin, un sit-in au niveau de la Maison de la presse Tahar-Djaout (Alger) pour alerter sur la situation de crise dans laquelle se trouve leur entreprise. Privés depuis quelques mois de leurs salaires, les travailleurs de MTN font face à des pressions administratives mettant en danger leurs postes d’emploi. Certains d’entre eux ont même fait l’objet de licenciements abusifs ou contraints au départ. «Nous sommes venus à la Maison de la presse pour dénoncer la suppression de nombreux emplois sur les 400 que compte le Groupe», dira un journaliste parmi les présents au rassemblement d’hier, pendant que ses confrères scandaient «Nous sommes des journalistes, non les membres d’un gang» ou encore «libérez la presse» à l’adresse des pouvoirs publics. Ces derniers sont interpellés parce qu’ils ont décidé de «priver» les deux journaux du groupe, Le Temps d’Algérie et Waqt El Djazaïr, de la publicité publique, explique-t-on sur place. «Nous n’avons plus aucune visibilité. Nous ne savons plus où nous allons», s’inquiète, pour sa part, un caméraman de la chaîne Dzaïr News qui devrait cesser d’émettre dès le 25 juin et fusionner avec Dzaïr TV, en raison de «difficultés financières».
«La fermeture de Dzaïr News entraînera le licenciement de 180 employés, dont des journalistes, des techniciens et des photographes», déplore encore un technicien de cette chaîne, visiblement désabusé. Comme solution d’urgence, les protestataires plaident pour la constitution d’un comité de gestion du groupe composé de ses travailleurs. Il aura pour mission de «gérer la situation actuelle jusqu’à ce que des solutions concrètes soient trouvées, sous l’égide de l’Etat ou par l’ouverture des portes au profit d’investisseurs intéressés par la reprise du groupe». La situation est dramatique pour les employés du groupe MTN d’autant que ces derniers n’ont pas reçu leurs salaires depuis maintenant trois mois. Un remake de la situation qu’ils avaient vécue trois mois auparavant. Ce qui se passe est «inadmissible», s’insurge une journalise de la chaîne Dzaïr News, avant d’indiquer qu’il y a quelques mois le groupe «avait acquis une régie pour couvrir notamment des directs consacrés aux activités de Ali Haddad, président du FCE à travers la chaîne Dzaïr News». Cette régie a été acquise à «coups de milliards de centimes alors que le groupe manquait d’argent pour payer les salaires de ses employés», ajoute la même journaliste.<