Nouvelle prise des Douanes dans le milieu du transfert illicite de devises. Les services de ce corps constitué ont procédé, lundi, à l’aéroport Houari-Boumediene (Alger), à l’arrestation de deux passagers algériens en possession de fortes sommes en monnaies fortes. Le premier passager transportait 30 000 euros qu’il acheminait à travers un vol Tunis-Istanbul avec escale à Alger, alors que les 16 000 dollars ont été découverts sur un autre voyageur algérien qui s’apprêtait à s’envoler vers Dubaï (Emirats arabe unis). Une autre tentative du genre avait été déjouée par les services des douanes le 20 mai dernier, lorsqu’un voyageur a été pris en flagrant délit de transfert illicite de 570 000 euros et de 101 000 USD, au même aéroport, rappelle la DGD dans un communiqué, précisant que ce dernier est un commerçant qui était en partance pour Barcelone (Espagne), à bord d’un vol de la compagnie aérienne espagnole.
Les deux prises du mois dernier et de lundi passé font partie d’une série d’opérations qui ont permis aux Douanes de déjouer plusieurs tentatives de transfert illicites de devises à travers le pays. Des sommes conséquentes en euros et dollars, et même en d’autres monnaies convertibles ont été récupérées. Toutefois, l’opération du 21 mai «est la plus grande depuis le début de l’année 2019 » avait déclaré le directeur de l’information et de la communication à la direction générale des Douanes, Djamel Brika, soulignant que « les contrebandiers se dirigent habituellement vers la Turquie, les Emirats arabes unis et le Qatar », mais que « cette fois-ci », ils ont « changé de cap vers les pays européens »
En 2018, les services des Douanes avaient relevé des infractions de changes qui se sont soldées par une valeur globale des corps du délit de 11,785 milliards de DA (environ 101 millions usd), contre 8,73 milliards de DA (près de 78,66 millions usd) en 2017, en hausse en dinars d’environ 35%, selon les chiffres livrés par cette institution.
Les mêmes services avaient constaté 507 infractions relatives à la législation et à la règlementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger, contre 485 infractions en 2017.
L’année dernière avait vu la création, par la DGD, d’une commission chargée de la lutte contre la fraude et le transfert illicite des capitaux vers et à partir de l’étranger.
Un comité de veille et de suivi, chargé de suivre l’évolution des transferts en devises vers l’étranger, a été mis en place cette année par le ministère des Finances dans le souci de renforcer la vigilance en matière de transactions financières avec le reste du monde.
Ce comité est composé de hauts fonctionnaires du ministère des Finances, de représentants de la Banque d’Algérie (BA) et de représentants de la communauté bancaire (Abef).
Face à l’augmentation des tentatives de transfert illicite de devises et dans le but de renforcer le contrôle sur les transactions financières avec le monde, la direction générale des impôts (DGI) a instruit récemment (en date du 20 avril dernier) ses services
de porter une attention particulière
en matière de délivrance des attestations de transfert de fonds à l’étranger, en durcissant le contrôle en cas de soupçons.<