Après avoir dévoilé leur feuille de route consensuelle pour une sortie de crise, les différentes dynamiques de la société civile se préparent actuellement à une rencontre d’évaluation dont la date n’a pas encore été fixée. Cette évaluation s’articulera sur une capitalisation des observations recensées auprès des acteurs politiques et associatifs ou dans les supports médias.
«Pour le moment, nous sommes dans une phase d’observation où l’on suit de très près l’impact de la conférence nationale de la société civile notamment sur les réseaux sociaux et les médias. Nous devons impérativement informer le citoyen du contenu de notre feuille de route. Nous comptons aussi énormément sur les médias pour vulgariser notre plateforme», a indiqué Abdelouhab Fersaoui, représentant du Collectif des dynamiques de la société civile pour une transition démocratique et pacifique.
Le militant a aussi indiqué que la prochaine rencontre des trois pôles initiateurs de l’action aura pour objectif de mettre en œuvre la feuille de route dévoilée samedi dernier. « Pour notre prochaine réunion d’évaluation, il sera question de discuter ensemble de la suite à donner à la feuille de route et de capitaliser l’ensemble des observations», a-t-il dit. Regroupant actuellement plus de 71 organisations entre syndicats, associations et collectifs, l’initiative, depuis le 15 juin dernier, date de la tenue de la conférence nationale de la société civile, a suscité plusieurs réactions et a aussi séduit de nombreuses organisations qui n’ont pas hésité à prendre attache avec les organisateurs. «Nous avons été approchés par de nombreuses dynamiques qui ont demandé, notamment, plus de détails, pour rejoindre l’initiative», a affirmé Fersaoui.
Pour ce qui est de la réaction de certaines organisations, dont le réseau Wassyla qui avait, rappelons-le, boycotté la rencontre, déplorant l’absence du principe d’égalité entre les hommes et les femmes de la plateforme consensuelle, notre interlocuteur a estimé que l’association a eu bien tort de ne pas participer. «La question de l’égalité a été défendue par l’ensemble des présents, ceux qui ont boycotté auraient dû participer notamment pour apporter leurs voix. On sait très bien qu’on ne peut pas aller vers une république démocratique et sociale, vers un véritable changement sans qu’il y ait les principes d’égalité et respect des libertés collectives et individuelles et sans qu’il y ait un véritable Etat de droit », a déclaré Abdelouhab Fersaoui.
Il poursuit : «On ne peut pas tout aborder lors d’une première rencontre, la question de l’égalité a été bien mentionnée sur le communiqué final qui a conclu la conférence nationale de la société civile». Pour ce qui est du manque flagrant de l’élément féminin lors de la tenue de la conférence nationale, notre interlocuteur a indiqué qu’il s’agissait d’une conséquence de l’ancien régime qui a longtemps exclu la femme. «Le pouvoir n’a pas contribué à l’émancipation de la femme dans la politique. Il ne faut pas oublier que, chez nous, la femme est doublement victime, d’abord en tant que citoyenne et ensuite en tant que femme. Elle mérite amplement sa place dans la société civile et la scène politique», a-t-il estimé.