Pour combler la vacance du poste de secrétaire général du parti, induite par la détention provisoire d’Ahmed Ouyahia, le groupe parlementaire du RND au sein du Sénat a formulé auprès de la direction une demande visant à accélérer la désignation d’un secrétaire général par intérim.
Les sénateurs du Rassemblement ne veulent pas que cette situation de
« vide organique » perdure surtout que des signes d’une lutte interne se fait de plus en plus sentir notamment de la part de ceux qui étaient en désaccord avec le désormais ancien secrétaire général du parti.
Les sénateurs du Rassemblement national démocratique exigent ainsi des instances du parti de ne pas laisser leur formation politique sans « tête dirigeante » pour ne pas ouvrir la voie à d’autres dissensions et autres cas d’indiscipline qui s’ajouteraient à ceux manifestés durant les derniers mois.
Selon le sénateur Ilyes Achour, élu de la wilaya de Blida, cette demande à transmettre à la direction du parti est légitimée par le constat inquiétant qui fait ressortir «des divergences au sein du bureau national sur la question de la désignation d’un secrétaire général par intérim au point où la réunion qui devait régler cette question, samedi passé, a été interrompue sans aboutir à aucun résultat positif».
«C’est pour cela que nous avons jugé nécessaire d’intervenir en tant que groupe parlementaire dans la Chambre haute du Parlement et en tant que sages du parti afin de mettre un minimum d’ordre dans les instances du parti», a expliqué le même élu.
Ce dernier a noté, à propos du nombre de sénateurs favorables à cette demande, que «bien que la réunion tenue lundi au siège du Conseil de la nation a connu la participation de 16 sénateurs sur les 28 que compte le parti, la demande est partagée par tous les sénateurs du RND».
Du point de vue statutaire, les responsables du parti évoquent l’article 33 qui énonce qu’en cas de démission ou de décès, « le secrétaire par intérim désigné devra par la suite convoquer un congrès extraordinaire au bout de trois mois pour élire un nouveau secrétaire général ». A la question de savoir si la tenue d’un congrès ordinaire, au lieu d’un congrès extraordinaire, ne fausse pas le contenu de l’article cité ci-dessus, le même intervenant fait savoir que « le parti organise habituellement deux congrès ordinaires par année, l’un durant le mois de janvier et l’autre durant le mois de juin, alors pourquoi aller vers un congrès extraordinaire au lieu de raccourcir les choses ? ». Il est à signaler que certains membres du bureau national évoquent l’impossibilité d’appliquer l’article 33 des statuts particuliers du parti du fait que cet article ne prévoit pas une vacance en cas d’incarcération du secrétaire général. D’où leur référence plutôt à l’article 60 du règlement intérieur qui stipule, entre autres, que c’est le bureau national qui doit « administrer et gérer les missions du Rassemblement entre deux sessions du conseil national» avant d’aller vers un congrès extraordinaire en vue d’élire un nouveau secrétaire général.