Les entreprises américaines aspirent à une présence plus marquée dans les secteurs hors hydrocarbures. Mais, les règles du marché ne sont pas claires et elles changent sans cesse. Et, cela semble les irriter.
L’ambassadeur américain, John Desrocher, à Alger a évoqué cela avec des mots choisis, il y a quelques jours. Il a ainsi souligné que les Etats-Unis estiment que des « marchés ouverts et concurrentiels sont la clé du développement économique, de la diversité et de la croissance». Et, d’ajouter que « nous pensons que la transparence, le dynamisme et l’innovation seront la clé de l’avenir économique de l’Algérie ». En résumé, John Desrocher a laissé entendre que le marché manque de repères, ce qui n’incite pas à investir ! Pour autant, les Américains ne vont pas tourner le dos au marché algérien, même si Anadarko, un opérateur qui compte sur l’échiquier pétrolier, a décidé d’y vendre ses actifs. Cela sonne, il est vrai, comme une fausse note.
Certains y voient même un geste inamical, à plus forte raison dans le contexte de crise d’aujourd’hui. Qui plus est, l’entreprise n’a pas fait preuve de transparence. Anadarko a, en effet, négocié, dans la discrétion la plus totale, cette transaction avec le français Total. Et, c’est une fois que tout a été mis au point que ce dernier a annoncé avoir signé un accord engageant avec Occidental, une compagnie américaine, en vue de l’acquisition des actifs d’Anadarko en Afrique (Algérie, Ghana, Mozambique et Afrique du Sud) pour un montant de 8,8 milliards de dollars, dans l’éventualité d’un succès de l’offre en cours d’Occidental pour le rachat d’Anadarko. Cette transaction était conditionnée à la signature et à la finalisation de l’acquisition envisagée d’Anadarko par Occidental ainsi qu’à l’approbation par les autorités compétentes. La finalisation de la transaction entre Occidental et Total devrait avoir lieu en 2020. La partie algérienne n’a pas apprécié du tout. Mais dans le monde des affaires, l’opération est tout à fait normale. Anadarko est certainement attiré par des opportunités nouvelles dans d’autres régions du monde. Et notre pays ne peut pas forcer une société à faire ce dont elle n’a pas envie. Ce qui est cependant sûr, c’est que des actions décisives sont nécessaires à court terme pour créer une réelle dynamique dans la sphère économique, avec plus de souplesse et de liberté d’entreprendre pour soutenir les différents investisseurs notamment étrangers. C’est le vœu des Américains et c’est le vœu de l’Algérie. Les entreprises américaines vont profiter de la FIA 2019 pour présenter de nouvelles opportunités qui répondent aux multiples défis dans de nombreux secteurs en Algérie, en dehors des hydrocarbures. L’ambassadeur américain a expliqué que la FIA est l’un des événements économiques les plus importants en Afrique et qu’elle constitue la plus grande opportunité pour les entreprises américaines. Ces dernières vont manifester leur présence, faire connaitre leurs produits et évoquer leur force en matière d’innovation… Pour cette 52e édition de la FIA, le pavillon américain représente la diversité du partenariat économique avec les entreprises algériennes. Il englobe des entreprises activant dans le secteur de l’énergie, de l’agriculture, de l’éducation et dans l’alimentaire et la boisson. Manière de dire que les entreprises américaines peuvent jouer un rôle important dans la réalisation des objectifs de la diversification de l’économie nationale.
« Diversification économique et opportunités » est d’ailleurs le thème choisi pour la FIA 2019.<