Le parti des travailleurs (PT) a animé, hier, une conférence de presse en son siège à Alger. La conférence, centrée sur la situation politique du pays et animée par Youcef Ramdane Taâzibt, membre du bureau politique, l’ex-sénatrice Mme Zohra Drif, et maître Salah Dabouz, avocat et militant des droits de l’Homme, a été une occasion pour réitérer l’appel à la libération de Mme Louisa Hanoune. Me Debouz, qui est intervenu en premier, a regretté le fait que «la détention préventive soit devenue un moyen de s’attaquer aux opposants au régime».
Me Salah Debouz, qui estime qu’il y a le «risque d’avoir encore d’autres victimes à l’instar de Fekhar», déplore que «la procédure de détention préventive soit devenue une arme du régime contre ceux qui défendent les libertés».
Pour sa part, Ramdane Taâzibt, député d’Alger, tire la sonnette d’alarme à propos de l’état de santé de la patronne du PT en lançant : «Il y a un grand risque pour la vie de Louisa Hanoune, surtout que son état de santé, déjà fragile, se dégrade de jour en jour et de plus en plus». Aux yeux de Taâzibt, Louisa Hanoune «paie pour ses positions et ses principes et ceux de son parti par rapport au mouvement du 22 février». «Louisa Hanoun paye pour ses positions courageuses», lance-t-il avant d’enchainer que «le PT est le premier parti à avoir dénoncé l’oligarchie qui est à l’origine de la dilapidation des deniers publics». «Son incarcération vise à nous empêcher d’agir après avoir exprimé nos positions sur le régime en place», a-t-il encore déploré.
Dans le même ordre d’idées, il fera remarquer que «l’incarcération de Mme Hanoune est aussi un message d’intimidation pour tous ceux qui aspirent à la liberté». Aussi, et en dépit de l’incarcération de la patronne du PT, les responsables du bureau politique ont souligné que «les militants accompagneront encore et toujours le mouvement en marche jusqu’au départ de tout le régime».
Mme Drif ne manquera pas, dans son intervention, à expliquer le parcours militant exemplaire de la patron du PT qui a été de tous les combats, appelant à la présomption d’innocence la concernant.
Par ailleurs et s’agissant des appels du chef l’état-major de l’Armée au dialogue, les participants à la rencontre d’hier ont entonné à l’unisson : «Pas de dialogue sans Louisa Hanoune», avant de lancer un appel pressant pour la libération urgente et inconditionnelle de la patronne du parti. Par ailleurs, il a été confirmé que la secrétaire générale du Parti des travailleurs sera entendue aujourd’hui par le juge d’instruction près le tribunal militaire de Blida. Louisa Hanoune répondra des chefs d’inculpation retenus contre elle, à savoir «complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité du commandant d’une formation militaire et complot pour changer le régime», note la même source. Les avocats de Hanoune assisteront à la séance d’audience qui se déroulera dans le bureau du juge d’instruction, selon Me Ghechir.