Après plusieurs jours de concertation avec les partis politiques dans le but d’adopter une démarche commune, le Front des forces socialistes (FFS) annonce qu’«une première rencontre de dialogue et de concertation» se tiendra finalement le 26 juin prochain. Une décision qui a été prise d’un commun accord avec d’autres partis politiques qui se sont réunis hier sous la houlette du FFS et dont la rencontre a été sanctionnée par un «appel aux forces de l’alternative démocratique».

Les efforts du FFS n’ont donc pas été vains et son initiative a vu l’adhésion de plusieurs partis, à savoir le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le Parti des travailleurs (PT), le Parti socialiste des travailleurs (PST), l’Union pour le changement et le progrès (UCP), le Mouvement démocratique et social (MDS), le Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD), ainsi que maître Nouredine Benissad qui a représenté la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH). Etaient également présents à la rencontre Ali Laskri, membre de l’instance présidentielle du FFS, et Ahmed Djedaï, conseiller du premier secrétaire.
Les partis susmentionnés signataires de l’appel aux forces de l’alternative démocratique affirment que «l’heure aujourd’hui est à la concertation et au dialogue des forces progressistes, afin de construire un pacte politique consensuel qui définira par la suite les contours du processus de transition démocratique dans notre pays». Ils déclarent que «le peuple algérien, après son soulèvement contre le colonialisme à travers une révolution devenue un exemple pour le monde entier (…) est aujourd’hui en train de mener sa deuxième révolution, pacifique et unitaire pour imposer le changement radical pacifique et démocratique du système… La détermination reste inébranlable et l’espoir immense».
Mais après le constat que «le pouvoir en place n’est pas disposé à saisir le sens profond de cet événement sans précédent depuis l’indépendance» et qu’«il persévère obstinément dans le déni de la réalité et a fait le choix du pourrissement et de la manipulation», le rassemblement des forces de l’alternative démocratique estime être «le seul à même de traduire fidèlement cette profonde aspiration populaire». Car, selon lui, «il est vain de croire à l’existence d’une issue positive à ce conflit dans le cadre de l’ordre actuel» et que «ni le pouvoir, ni ses diverses excroissances ne sont en mesure de constituer un recours».
«La transition démocratique une nécessité»
Soulignant que «la transition démocratique n’est pas un choix» et qu’elle relève de «l’ordre de la nécessité», les signataires de l’appel ajoutent que «l’urgence est d’élaborer une solution politique ambitieuse, raisonnable et réalisable, loin des règlements de compte et des calculs étroits. Elle vise à mettre fin à ce régime dictatorial et à changer radicalement le système en vue de propulser le pays d’un ordre constitutionnel obsolète vers un ordre démocratique».
Lors de la rencontre d’hier, première du genre entre les partis, les présents n’ont pas manqué d’appeler à la libération de Louisa Hanoune, représentée d’ailleurs à la rencontre par le chargé de la communication du parti, Djelloul Djoudi. «Nous, signataires de cet appel, exigeons la libération immédiate et sans conditions de tous les détenus d’opinion, condamnons la judiciarisation de l’action politique, comme c’est le cas de la secrétaire générale du PT, et la levée de toutes les entraves aux droits d’expression, de réunion et de manifestation», peut-on lire dans le document de l’appel aux forces vives de l’alternative démocratique.
«Le sursaut citoyen, de par son caractère pacifique et massif, est une chance pour le pays. C’est une force capable d’engager le pays dans la voie de la souveraineté populaire, de la modernité et du progrès», estiment les partis signataires, en soutenant qu’«aujourd’hui, libérer une dynamique politique de construction d’un Etat de droit et des libertés et de la société est une priorité en vue d’amorcer une véritable transition démocratique».
Notons qu’un appel est lancé à «d’autres acteurs politiques, aux syndicats autonomes, au mouvement associatif, ainsi qu’aux personnalités nationales indépendantes et à la communauté algérienne à l’étranger, qui se reconnaissent dans cet appel, à se joindre à cette initiative de concertation et de dialogue sans préalable».
Joint par Reporters à l’issue de cette journée particulière pour le FFS, son premier secrétaire, Hakim Belahcel, a déclaré : «Nous sommes allés vers des partis politiques qui épousaient notre vision, par rapport à la transition surtout – même si chacun de nous voit cette transition sous un autre angle – mais le plus important c’est que nous avons trouvé un terrain d’entente.
Nous sommes contents au FFS que tous ces partis aient adhéré à notre initiative. Tous ces partis, qui sont vraiment dans l’opposition, activaient chacun de son côté pour une solution de sortie de crise, et je pense qu’il fallait un déclic pour fédérer tous ces efforts».