Des maisons individuelles transformées en salles des fêtes, en crèches et en écoles sans aucune autorisation préalable, dépourvues de toutes les commodités nécessaires indispensables à ce genre d’activités travaillent à plein temps au noir dans des conditions à la limite du supportable un peu partout dans des quartiers et lotissements de certaines agglomérations de la wilaya, et ce, devant l’indifférence totale ou feinte, c’est selon, des autorités locales, des services de sécurité et du voisinage immédiat.
Ces services n’interviennent que s’il y a dépôt de plainte. Et le comble dans l’histoire, c’est que les voisins refusent de déposer plainte, un vrai dilemme. Un voisin n’est-il pas censé respecter son voisin ? Si, oui, pourquoi créer ce genre d’activités et déranger tout le voisinage ? Cependant, tant qu’il n’y a pas plainte des voisins contre ces « maisons », la vie continue pour les propriétaires de ces « établissements ». Les patrons ou patronnes de ces lieux, faut-il le souligner, font de très belles affaires, l’Etat en échange ne gagne rien mais, comble de l’ironie, ne dit rien. Les prix de location de ces semblants de salles des fêtes, de crèches et d’écoles, malgré l’absence de toutes les commodités sont presque identiques à ceux des établissements créés dans la légalité pour ce genre d’activités et dotés de tous les équipements et moyens à même de satisfaire la clientèle. Le voisinage immédiat de ces « établissements vit le calvaire au quotidien, une réalité amère qui dérange et qui nuit aux bonnes relations de la mitoyenneté. L’environnement immédiat de ces « salles de fêtes » subit, dans la douleur, le stress et l’angoisse, chaque nuit, parfois jusqu’au lever du jour, les nuisances sonores des haut-parleurs et les va-et-vient incessants des amis du marié et des membres de sa famille. Les voisins limitrophes des crèches assistent impuissants, aux attroupements, pas toujours innocents, des élèves devant leurs domiciles, où toutes les grossièretés et blasphèmes en tous genres fusent des bouches «innocentes» au gré de l’humeur ou de la colère de ceux qui les vocifèrent. Les enfants, dans les écoles, se rassemblent dans la cour. Dans ces «écoles », ils se rassemblent dans la rue, sur les trottoirs ou devant les devantures des magasins sans tenir compte des désagréments qu’ils causent aux automobilistes, aux piétons et aux commerçants. Devant les crèches, le spectacle des mères ou des pères de famille adossés aux murs des maisons faisant face ou voisines de la garderie est une chose courante et se soucient très peu de la gêne qu’ils causent aux propriétaires des lieux et racontent, pendant de longues heures, à très haute voix, leurs vies à qui voudrait les écouter.
Qui faut-il blâmer ? Le voisin qui a eu l’audace d’ouvrir sans aucune autorisation préalable une école, une salle des fêtes ou une crèche ? Les autorités locales et les services de sécurité qui n’interviennent que lorsqu’il y a plainte ou le voisin «ness m’lah» qui n’a pas osé porter plainte contre son voisin trop «ness m’lah» également pour avoir osé ouvrir un établissement qui dérange la quiétude du voisinage si ce n’est de tout un quartier ? « Tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil », la vie continue, toujours plus belle pour les propriétaires de « maisons-salles des fêtes », de « maisons-crèche » et de « maisons-école ». n