La Foire internationale d’Alger a été marquée par la visite du chef de l’Etat par intérim. Pour l’inauguration de cet évènement économique traditionnel Abdelkader Bensalah a probablement tenu à être présent physiquement en tant que leader de l’Exécutif et également l’incarnation de l’Etat et de la continuité de ses institutions. Il était particulièrement clair que la forme était importante pour un gouvernement en difficulté de reconnaissance et dont la mission s’annonce très difficile à mener. Le gros revers politique de la finale de la Coupe d’Algérie de football le
8 juin dernier au stade Tchaker de Blida a été durement ressenti. L’absence fortement remarquée des deux premiers responsables politiques de l’Etat n’aura fait que fragiliser encore davantage le dispositif actuel censé mener, dans des conditions difficiles, le bateau Algérie à bon port. Dans un contexte général tendu, celui de la recherche d’une voie de sortie à l’impasse institutionnelle dans laquelle se trouve le pays, Bensalah a voulu faire du marketing de crise. En cherchant à montrer que son gouvernement fonctionne malgré les difficultés actuelles et surtout le rejet populaire, l’actuel chef de l’Etat par intérim tente de transmettre le message selon lequel la configuration actuelle est un choix inéluctable du pouvoir dans les éventuelles voies du dialogue qui attendent d’être ouvertes. Il est devenu évident que même les activités formelles sont devenues malaisées pour les membres du gouvernement faisant basculer le fonctionnement de l’Etat dans un incessant état provisoire. Ces difficultés à assurer les activités considérées comme classiques du gouvernement démontrent si besoin était la gravité de la situation provoquée par une crise politique toujours à la recherche d’une issue. Une situation complexe qui confirme l’urgence de passer vers la phase du dialogue, et rompre avec un état de latence nuisible.