Une grève lancée par les syndicats de Radio France pour contester un nouveau plan d’économies prévoyant quelque 300 suppressions de postes était massivement suivie mardi, perturbant fortement les programmes, selon le syndicat SNJ. «En raison d’un appel à la grève (…) nous ne sommes pas en mesure de diffuser l’intégralité de nos programmes habituels. Nous vous prions de nous en excuser», annonçait une voix suave sur les antennes de Radio France, qui diffusaient de la musique à la place des programmes.
Dans un communiqué, le SNJ de Radio France a assuré que «plus des trois quarts des salariés ont cessé le travail aujourd’hui», estimant qu’ils avaient ainsi «massivement fait entendre leurs inquiétudes et leur rejet du projet stratégique présenté par la direction». Selon le syndicat, qui avait appelé à une grève de 24 heures ce mardi aux côtés de la CFDT, la CGT, FO, Sud et l’Unsa, il n’y a eu «aucune émission matinale sur France Inter où près de 90% des journalistes ont cessé le travail», tandis que la matinale de france info a été «très perturbée», de même que celles des 44 stations locales de France Bleu. Plusieurs centaines de personnes étaient réunies à la mi-journée au siège de la radio publique à Paris pour une assemblée générale. Les salariés protestent contre le plan de 60 millions d’euros d’économies (d’ici à 2022) annoncé début juin par la présidente du groupe Sibyle Veil pour anticiper une baisse de la contribution de l’Etat (moins 20 millions d’euros sur quatre ans). Il prévoit de supprimer 270 postes si les salariés acceptent de faire une croix sur des semaines de congés, ou 390 postes s’il n’y a pas d’accord avec les syndicats. Les syndicats demandent «le retrait de ce plan dangereux et destructeur» ainsi qu’un «effectif et des moyens nécessaires pour remplir nos missions de service public», alors que les radios publiques affichent d’excellentes audiences et que le groupe a retrouvé l’équilibre financier. Ils s’appuient aussi sur le rapport d’un cabinet indépendant, mandaté par le comité social de Radio France, qui a qualifié les économies de «surdimensionnées» : selon le cabinet Tandem, la hausse des charges de personnel sur les prochaines années a été surévaluée de 8,7 millions d’euros. Radio France pourrait ainsi s’épargner 118 suppressions de postes. La direction de Radio France a contesté ce rapport lundi soir, évoquant une «méthodologie erronée». Elle a assuré qu’elle donnerait des explications et des chiffres supplémentaires lors d’un conseil central d’entreprise, prévu mardi après-midi.n