La situation que vit le pays a fait réagir encore une fois l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM). A travers un communiqué signé par son président intérimaire Mohand Ouamara Ben Lhadj, l’organisation a réitéré son appel à un dialogue inclusif et une conférence nationale, au travers desquels une solution à la crise pourra se dessiner. « La solution exige la participation de toutes les parties actives » dans la proposition « des mécanismes pratiques, transparents et réalistes, garantissant le passage d’une situation exceptionnelle à une autre ordinaire qui ouvrira de nouvelles perspectives et engagera des réformes profondes ». L’ONM a ajouté qu’il « n’est un secret pour personne que la seule et unique solution à la crise est l’entame d’un dialogue national franc et sérieux ». Ce dialogue, selon l’ONM, « est une idée centrale » de sa proposition de sortie de crise, comme il constitue « le point commun » entre la multitude de propositions faites par des organisations, des partis et des personnalités pour trouver une issue à la crise. Réitérant son adhésion à un dialogue inclusif ou une conférence nationale qui conduira à la désignation d’une « personnalité nationale crédible et consensuelle », l’ONM estime que cette personnalité aura pour mission la gestion de l’après Bensalah, dont la Constitution prévoit une période de
90 jours. Cette personnalité nationale, explique l’ONM, mettra sur pied « une commission nationale indépendante » qui veillera « de façon pratique » sur la préparation, la surveillance et l’annonce des résultats du scrutin présidentiel. Selon l’organisation des moudjahidine, cette même commission procédera à la révision du code électoral. Sur un autre volet, l’ONM estime que cette personnalité aura la charge de « faire démissionner » l’actuel Exécutif, pour désigner un gouvernement de technocrates qui aura à gérer uniquement les affaires courantes, mais aussi « assurer les moyens matériels et logistiques pour la présidentielle ». L’organisation considère que ce gouvernement « n’aura aucun lien ni direct, ni indirect avec l’élection présidentielle ». L’ONM considère que la période transition « engagée » en vertu de l’application de l’article 102 de la Constitution « n’a pas pris en considération l’application des articles 7 et 8 », comme « exigé par le peuple », a abouti « à un énième échec».
Elle estime que ce résultat « est tout à fait logique », puisque la solution s’est basé « sur un postulat inexistant », dont « l’absence de conditions juridiques, organisationnelles, techniques et administratives », ce qui exige, selon l’organisation, « une solution alternative » où sera jumelé « la solution constitutionnelle et la réalité de la situation politique du pays ». Rappelant son admiration et sa pleine adhésion au mouvement de rue, qu’elle qualifie de digne héritage de novembre 1954, l’ONM appelle de tous ses vœux à l’entame d’un dialogue « sérieux et sincère », où « toutes les forces vives de la Nation doivent y être associées ». Dans un message sibyllin à Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense, nationale qu’elle considère être « la partie qui a pris les rênes dans cette période », l’ONM estime que cette partie doit « presser le pas » pour trouver « les mécanismes adéquats pour faire participer la collectivité nationale, avec toutes ses composantes, afin de trouver une issue à la crise ».