Initié en 2015, et principalement axé sur des actions de formation, de sensibilisation, mais surtout d’inventaire du patrimoine matériel et immatériel algérien, le « Programme d’appui à la protection et valorisation du patrimoine culturel en Algérie » a vu une part de sa dotation globale, soit 24 millions d’euros, à la mise en œuvre d’un « volet cinéma ». Un aspect relativement peu médiatisé du programme, mais qui aura néanmoins permis de lancer la restauration des archives filmiques du pays en collaboration, notamment, avec la Cinémathèque algérienne.
Mme Amina Laredj, chargée de la coopération de l’UE, tout en signalant que l’aspect patrimoine cinématographique du programme avait été construit sur la base d’un montant de 395 000 euros, précise qu’il s’agissait principalement de restauration de photos et de films en collaboration avec la Cinémathèque ou le Centre algérien pour le développement du cinéma (CADC), de cycle de formation de restaurateurs spécialisés ainsi que de « livraisons de matériel destiné à la conservation des films ».
Les documents officiels de l’UE précisent que des équipements de conservation et de traitement des archives filmiques, de « conservation et d’hygiène » du matériel audiovisuel avaient ainsi été réceptionnés par la Bibliothèque nationale d’Alger (BN), le Musée d’art moderne (MAMA) et le Centre algérien de la Cinématographie (CAC).
Rappelons, par ailleurs, que le programme avait connu son premier résultat notable en 2015 avec la récupération, la restauration et la numérisation du film « Tahya Ya Didou » de Mohamed Zinet, une œuvre considérée jusqu’alors comme ayant été perdue. Cette restauration a également permis de lancer une collaboration avec le laboratoire spécialisé italien « Fotocinéma » de Rome, nous dira le directeur de la Cinémathèque, Salim Aggar, en nous expliquant à ce titre que le programme de restauration des archives de la Cinémathèque était toujours en cours, et que le film de Mohammed Zinet « que nous avons restauré et numérisé » est aujourd’hui l’un des films les plus demandés par les festivals, notamment en 2018 lors du Festival international du film de Berlin. n