Les jurys d’Export Trophy, qui récompensent les entreprises algériennes ayant réalisé les meilleurs chiffres en matière d’exportation de produits et services, ont décerné, jeudi dernier, au géant de l’acier d’Annaba Sider El-Hadjar le trophée d’encouragement.

Ceci est encourageant pour cette filiale d’Imetal, qui a réalisé en 2018, un chiffre d’affaires à l’exportation de 64 millions de dollars. Un chiffre que l’entreprise espère revoir à la hausse pour l’exercice 2019. En effet, Sider El-Hadjar a réalisé «jusqu’à présent et depuis le début de l’année 2019, 34 millions de dollars, en plus de
18 millions de dollars en termes de commandes fermes. Nos prévisions de clôtures pour l’exercice 2019 sont de l’ordre de 84 millions de dollars», nous a indiqué l’un des chargés de communication du complexe sidérurgique d’El-Hadjar. Sider El-Hadjar, qui exporte vers la Tunisie, le Maroc, l’Egypte, la Turquie, la Syrie, l’Espagne, l’Inde et l’Italie, ambitionne d’atteindre un chiffre d’affaires à l’exportation de l’ordre de 200 millions de dollars, grâce au lancement de la deuxième phase d’investissements consentis par l’Etat en 2018.
C’est bien beau, mais…
Lors de la mise en feu du Haut fourneau n°2, la direction de Sider El-Hadjar avait affirmé que la production atteindrait 1,2 million de tonnes d’acier par an à l’horizon 2017, avant de viser
2, voire 3, millions de tonnes par an après la réalisation de la deuxième phase d’investissement.
«100 projets sont retenus au titre de la deuxième tranche du plan d’investissement. Cette tranche mobilise 46 milliards de dinars, dont 20 milliards de dinars représentent un financement complémentaire accordé au complexe pour financer des opérations structurantes, dont la reconstruction de la cokerie, la modernisation de la centrale à oxygène, la réhabilitation des deux aciéries et des laminoirs. Les objectifs de cette seconde tranche, dont l’exécution s’étale sur quatre ans, portent notamment sur le renforcement des produits de fonte et ferreux destinés au marché national et sur l’amélioration de la qualité et de la compétitivité de ses produits outre l’autonomisation des approvisionnements du complexe en eau et électricité», nous avait-on indiqué. Vers la fin du mois de janvier 2019, lors d’une conférence de presse tenue au siège de la direction du complexe, le P-DG de Sider El-Hadjar s’est enorgueilli en révélant que le complexe a produit, en 2018, plus de 706 000 tonnes d’acier, pour une valeur marchande de plus de 45 milliards de dinars et qu’ils tablaient sur une production de 850 000 tonnes pour l’exercice 2019. Pourtant la feuille de route tracée par les autorités centrales, suite à l’investissement de plus de 720 millions de dollars, était claire : «Le complexe d’El-Hadjar produira, dès 2018, plus de 1,2 million de tonnes d’acier». Les problèmes et prétextes avancés par la direction de Sider pour justifier la non-réalisation des objectifs fixés sont légion et les imprévus sont quasi-mensuels. Il ne se passe pas plus d’un mois sans que le complexe subisse un arrêt de quelques jours. Inondations, pannes techniques, mauvaise gestion, grèves des travailleurs, insuffisance de minerai de fer ou encore blocages dus à l’intrusion de jeunes demandeurs d’emploi… Les raisons des arrêts sont nombreuses et les préjudices financiers le sont tout autant. 10,5 milliards de manque à gagner par ci, 225 milliards par-là, et les exemples ne manquent pas. Force est de constater que les ambitions du géant de l’acier d’Annaba ne cessent d’être revues à la baisse. Même après les révisions successives (toujours à la baisse) de la capacité de production du complexe, Sider arrive quand même chaque fois à étonner l’opinion publique en réalisant une production bien inférieure à des estimations corrigées et révisées. n