Le Mouvement populaire algérien (MPA) s’attelle à tenir, dans les jours qui viennent, une session extraordinaire de son bureau national avec, à l’ordre du jour, le remplacement de son président Amara Benyounès mis en détention provisoire depuis jeudi dernier.
Le bureau national du parti aura ainsi à trancher entre deux options, celle d’une direction collégiale ou d’un intérimaire au poste de président du parti.
« Initialement prévue pour aujourd’hui, la réunion a dû être reportée à une date ultérieure afin de permettre à l’ensemble des cadres du parti de pouvoir participer à ce rendez-vous qui revêt un cachet particulier », explique un responsable du parti.
Le MPA, agréé en 2012, est une continuité organique de l’Union pour la démocratie et la République (UDR), lancée en été 2003 par des militants issus d’autres formations de la mouvance démocratique.
Le parti a été fondé par Amara Benyounès, transfuse du RCD, et ministre de plusieurs départements sous le règne de l’ancien président, Abdelaziz Bouteflika. Le MPA faisait partie de la majorité présidentielle avec le FLN, le RND et TAJ.
Pour rappel, l’ancien ministre du Commerce a été auditionné dans l’affaire liée à la cimenterie Relizane, achetée en 2014, par le richissime homme d’affaires et ancien patron du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Ali Haddad, qui a écopé d’une peine de 6 mois de prison ferme et d’une amende de 50 000 DA.
Amara Benyounès a été convoqué par la justice en qualité de « témoin » par le Parquet de Sidi Mhamed, le 22 mai dernier, sur la «présumée facilitation» accordée à M. Haddad pour l’acquisition de ladite cimenterie.
A ce moment-là, Amara Benyounès occupait le poste de ministre du Commerce dans le gouvernement d’Abdelmalek Sellal. Mais, jeudi dernier, le juge d’instruction près la Cour suprême a placé le prévenu en détention préventive dans un jugement qui a imposé une autre réalité organique et partisane au MPA.