Le patron du Groupe ETRHB et ex-président du Forum des chefs d’entreprise Ali Haddad a écopé d’une peine de 6 mois de prison ferme dans l’affaire des deux passeports qu’il détenait au moment de son arrestation au mois de mars dernier. Les avocats de Ali Haddad ont décidé, pour leur part, de faire appel du verdict au cours de cette semaine.

Le jugement est assorti d’une amende de 50 000 DA, selon le verdict prononcé hier par le juge d’application des peines près le Tribunal de Bir Mourad Raïs (Alger).
Le juge a ordonné, par la même occasion, la confiscation des deux passeports de l’ancien président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) et la restitution des autres saisies lors de la procédure pénale.
Il s’agit de la somme d’argent qu’il avait en sa possession (près de 4 000 euros et 400 000 DA) lors de son arrestation au poste frontalier d’Oum Teboul fin mars dernier, alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire national en direction de la Tunisie.
Le magistrat a également prononcé une peine de deux mois de prison avec sursis assortie d’une amende de 20 000 DA à l’encontre du deuxième accusé dans cette affaire, en l’occurrence Hassan Boualem, directeur des documents et titres sécurisés au ministère de l’Intérieur. Les deux accusés avaient été entendus, le 3 juin, sur des accusations liées à l’obtention «indue de documents administratifs pour Ali Haddad et de délivrance indue de documents pour Hassan Boualem».
Le collectif d’avocats de Ali Haddad, qui s’était montré mécontent, lors de l’audition du 3 juin, à l’égard des journalistes auxquels il avait reproché «un lynchage médiatique» contre le richissime homme d’affaires, s’est muré hier dans un silence inexpliqué. Les avocats ont refusé de s’exprimer aux médias nationaux.
«Je ne communique pas», a dit l’un des avocats à l’adresse des journalistes qui guettaient la moindre réaction de la défense d’Ali Haddad et les actions qu’elle compte enclencher après le verdict.
Ali Haddad, pour sa part, qui s’est déclaré «confiant et innocent de tout ce qui lui a été reproché», a affiché une impressionnante sérénité, en suivant d’une oreille attentive le verdict prononcé contre lui, sans oublier de prononcer un « merci» pour le juge qui venait de le condamner. Ali Haddad a déjà purgé près de trois mois d’emprisonnement, mais il se trouve sous mandat de dépôt dans une affaire de corruption traitée par le Tribunal de Sidi M’hamed.
Quant au deuxième accusé, Hassan Boualem, qui a été entendu en tant que témoin puis accusé, lors des précédents procès, il avait expliqué que l’émission d’un deuxième passeport pour Haddad est «une procédure
juridique, prise sur instruction du ministère de l’Intérieur en 2015, autorisant l’émission d’un nouveau passeport à tout citoyen avec
possibilité de conserver l’ancien passeport si un visa valable est apposé sur ce dernier», révélant à ce propos, que «18 000 Algériens ont bénéficié de cette mesure». Le Parquet n’a toutefois pas répondu à la demande des avocats de convoquer l’ex- Premier ministre Abdelmalek Sellal, l’ancien ministre de l’Intérieur Noureddine Bedoui et le secrétaire général du ministère de l’Intérieur Hocine Mazouz.