Des entreprises publiques et privées ont répondu à l’appel du Conseil de la concurrence en matière de conformité, et ce par l’élaboration de leurs propres programmes. Avec le soutien du Programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association Algérie-UE (P3A), ces entreprises ont établi leurs propres règles pour se protéger contre les risques d’infractions et réduire les montants des amendes à payer. Le président du Conseil de la concurrence, Amara Zitouni, a affirmé, hier à l’hôtel Sofitel lors d’une conférence sur ce programme, que ce dernier permet d’éviter les coûts financiers élevés liés à d’éventuelles violations des règles de concurrence, qui peuvent amputer les opérateurs de 12% de leurs chiffres d’affaires. Le chargé d’études au Conseil de la concurrence, Abdelaziz Kourgli, a souligné que les entreprises ayant adhéré à ce programme de conformité bénéficieront d’une réduction de 15% sur le montant d’éventuelles amendes. Les entreprises assurent, pour leur part, que ces programmes leur ont permis d’identifier les différentes pratiques anticoncurrentielles et de concurrence déloyale. Ils leur garantissent également plus de transparence dans l’accès aux marchés, via les appels d’offres, et dans l’élaboration des contrats. L’APAB (producteurs de boissons) a signalé que l’association a toujours collaboré avec le Conseil de la concurrence car ils partagent les mêmes objectifs. «La mise en conformité a toujours figuré dans nos d’adhésion des entreprises à notre association. Dans ce contexte, nous avons lancé le projet d’un programme de conformité adapté à notre filière », indique-t-il. L’Association, comme les entreprises et les institutions sollicitées, ont bénéficié, depuis le lancement du P3A, d’une expertise internationale pour l’élaboration de leurs programmes de conformité. «Le but est d’amener ces dernières (les entreprises ndlr) à respecter volontairement les règles de la concurrence. Nous avons contacté 71 entreprises dans ce cadre dans différents secteurs ainsi que des autorités de régulation et des associations», souligne le président du Conseil de la concurrence. Les experts internationaux ont tenu à préciser que le programme de conformité dépend de chaque entreprise, de sa taille, de son volume. Il n’y a pas de modèle type. « Le programme doit être adapté à chaque entreprise.
Chacune doit faire part de son engagement relatif au respect de la concurrence, au niveau de toute l’échelle de management afin de ne pas laisser le champ libre aux infractions», explique l’un des experts du P3A, Tarek Madabrux, qui précise que l’entreprise est aussi appelée à identifier les risques d’infraction et de se doter des moyens pour les traiter. Prévenir contre les risques d’infractions et introduire la culture de conformité au sein de l’entreprise figurent parmi les buts essentiels de ce type de programme, selon le chargé d’études au Conseil de la concurrence. «Mais cela nécessite l’installation de mécanismes de contrôle, de suivi et d’alerte», souligne-t-il. Se doter d’un programme de conformité, conclut Zitouni, permet non seulement à l’entreprise de conquérir le marché dans la transparence et d’améliorer son rapport qualité-prix, mais aussi de la prémunir contre les risques de corruption. «La concurrence est l’un des leviers dans la lutte contre la concurrence», soutient-il.