Le coup d’envoi officiel de la «Semaine du cinéma franco-italien» a été donnée, dans la soirée du 16 juin, à l’Institut français d’Alger (IFA), avec la projection de «Mariage à l’italienne » de Vittorio De Sica, sorti en 1964. Adaptée de la pièce théâtrale en trois actes « Filumena Marturano », écrite en 1946, d’Eduardo de Filippo, cette œuvre intemporelle met en vedette le couple mythique de l’âge d’or de la comédie à l’italienne, Sophia Loren et Marcello Mastroianni.

Dans une version restaurée d’une qualité « Perfecto », les présents ont suivi avec délectation et nostalgie cette tragicomédie enivrante où situations comiques et mélodrames s’enchaînent dans la pure tradition de ce qui est baptisée « la comédie italienne ».
Ce film est aussi un véritable hommage à la beauté et à la complexité du talent de Sophia Loren dans toute sa splendeur dans des plans rapprochés et des travellings avant époustouflants. De femme mure au traits tirés, ravagée par les drames de la vie, à la prostituée aguicheuse est sensuelle à la crinière flamboyante, en passant par la « mama italienne », une mère fauve débordant d’amour pour ses enfants, «bambinos» qu’elle défend avec la ferveur d’une lionne. Les cinéphiles présents suivent ainsi les différentes métamorphoses de la grande Sophia qui excelle autant dans le registre romantique, dramatique que comique.
L’autre personnage du film est la ville de Naples en pleine reconstruction après la Seconde Guerre mondiale. Tel un effet miroir, elle rappelle la ville d’Alger et les points communs entre la société napolitaine et algéroise, au point où certaines scènes auraient pu être tournées dans des situations quotidiennes à Alger.
Une œuvre certes tournée en 1964, mais qui reste toujours d’actualité, notamment par rapport à la complexité des rapports humains. Tant des rapports amoureux, du rapport filial que du rapport aux regards des « autres » et d’une société en perpétuelle mutation. Une œuvre légère et profonde à voir et revoir sans modération.
A l’occasion de la cérémonie d’ouverture officielle de cette manifestation, initiée par l’Institut français en Algérie en partenariat avec l’Istitut italien en Algérie et la Cinémathèque algérienne, Thibaut Fourrière, ministre conseiller de l’ambassade de France en Algérie, a souligné, devant les présents, que cette initiative est l’occasion de «célébrer l’amitié ancienne, profonde et indestructible qui lie la France et l’Italie», à travers une programmation de grandes œuvres cinématographiques de qualité, également projetées à la Cinémathèque algérienne pour « donner une ampleur particulière à cet événement». Pour sa part, l’ambassadeur d’Italie en Algérie Pasquale Ferrera a salué cette «initiative géniale», tout en mettant en exergue le fait que le cinéma franco-italien a une longue histoire de collaboration avec les réalisateurs mais aussi surtout dans « le domaine de la production et de la distribution ».
Estimant que cela est «très important, dans un contexte global, nous devons nous mettre ensemble, pour être compétitifs dans le domaine de la cinématographie». Egalement présent au lancement de cette semaine du film franco-italien, Salim Aggar a rappelé que la Cinémathèque algérienne était, durant des années, un espace privilégié pour le cinéma français et italien où beaucoup d’oeuvres cinématographiques françaises et italiennes avaient été projetées en présence des cinéastes er réalisateurs les plus emblématiques de cette époque. Il ajoute que «c’est tout à fait naturel et même un honneur pour nous de participer à cette semaine ».

Hommage au réalisateur italien Franco Zeffirelli
A l’occasion de l’ouverture de cette manifestation, le ministre conseiller de l’ambassade de France en Algérie a rendu un hommage au défunt réalisateur italien Franco Zeffirelli, décédé le 15 juin à l’âge de 96 ans, en soulignant notamment que «Franco Zeffirelli est particulièrement connu pour ses adaptations de grandes œuvres de la littérature anglaise. Mais, il a aussi, à l’instar des grands réalisateurs italiens, travaillé avec la France et dirigé de grands comédiens français ».
L’ambassadeur italien confie, pour sa part, l’importance de rendre un hommage appuyé au réalisateur et metteur en scène italien en soulignant «que c’est un repère de la culture italienne en général. Pas seulement pour sa filmographie mais, également, en tant que metteur en scène d’opéra». Il annone, dans ce sillage, que des projections des œuvres de Zeffirelli seront organisées prochainement au niveau de l’Institut italien afin de lui rendre un ultime hommage.