Les prix du pétrole reculaient un peu hier en cours d’échanges européens dans un marché partagé entre les conflits commerciaux qui pèsent sur la demande et les tensions géopolitiques qui pourraient affecter l’offre.
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 61,72 dollars à Londres, en baisse de 29 cents par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain de WTI pour le contrat de juillet cédait 31 cents à 52,20 dollars. «Le marché du pétrole doit digérer aujourd’hui des informations inquiétantes sur l’offre, cette fois venue d’Inde», ont souligné les analystes de JBC Energy.
L’Inde a décidé d’augmenter dès dimanche les taxes douanières sur 29 produits américains, a indiqué la presse indienne samedi.
Si les produits pétroliers ne sont pas directement concernés, les tensions commerciales tendent à peser sur une croissance mondiale pâlissante, ce qui affecte les perspectives de la demande du pétrole. L’Agence internationale de l’Energie (AIE) et l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ont tous deux revu à la baisse leurs prévisions de demande dans leurs rapports mensuels publiés la semaine dernière. Mais les prix du pétrole étaient cependant soutenus par les efforts de l’Opep et de ses partenaires, dont la Russie, ainsi que par les tensions géopolitiques.
Les deux pétroliers endommagés par des attaques dans la région du Golfe ont été mis en sécurité dimanche, l’Arabie saoudite incriminant à son tour l’Iran et prévenant qu’elle réagira à toute menace.
Le président du Parlement iranien a pour sa part insinué dimanche que les Etats-Unis étaient derrière les attaques «suspectes».
Ces tensions ont fait grimper les prix en fin de semaine dernière, et «les courtiers vont surveiller la situation de près vu l’importance du détroit d’Ormuz», a noté Craig Erlam, analyste.
Le détroit, au large de l’Iran, voit passer l’essentiel des exportations de pétrole du Moyen-Orient, et un conflit ouvert dans cette zone pourrait faire plonger l’offre et s’envoler les cours.