En prévision de la Conférence nationale, annoncée pour la fin juin, l’opposition regroupée au sein des « forces du changement pour le triomphe du choix du peuple » veut s’assurer d’une large représentation et se met d’ores et déjà au travail pour réussir ce rendez-vous. Les préparatifs vont bon train avec l’installation des différentes commissions en charge des missions et tâches définies lors de la dernière réunion tenue au siège du parti El Adala d’Abdallah Djaballah.
Il s’agit, en effet, de la commission d’organisation, de la commission de rédaction du document de plateforme, appelée commission des visions politiques, et enfin, de la commission de communication technique. Des contacts ont été établis et des réunions ont déjà été tenues ces deux derniers jours, notamment par la commission d’organisation chargée de trancher la date et le lieu de la conférence, fixée de façon provisoire jusqu’à présent, au 29 juin. Mais, les organisateurs laissent libre champ à la date, non sans dépasser le 4 juillet, au maximum. Pour ce qui est du lieu, l’hôtel Mazafran est déjà retenu comme proposition. Ce qui reste tributaire de l’accord de l’établissement.
Quant à la commission des visions politiques, on apprend qu’une réunion est prévue aujourd’hui au siège de Talaie El Houriyet, parti de l’ancien chef de gouvernement Ali Benflis. Objectif : rapprocher au maximum les visions avec les autres initiatives et élaborer un document devant servir de plateforme de débat qui arrangerait toutes les propositions soumises.
Sur ce, les acteurs de l’opposition devraient tenter de prendre en considération les idées contenues dans les initiatives de la société civile notamment, celles des personnalités politiques et celles de certains partis. S’agissant de la commission de la communication, son rôle pour le moment, nous dit-on, est de prendre attache avec le plus grand nombre d’acteurs au sein de la classe politique, pour s’assurer une large représentation et mettre fin aux divisions. Après le retour de Djilali Soufiane, président de Jil Jadid, à l’occasion de la précédente réunion, deux grands et traditionnels partis sont désormais dans le viseur.
Il s’agit du FFS, qui n’a jamais pris part aux rencontres de l’opposition, et du RCD, qui a déjà eu à participer à l’une des premières réunions avant de se démarquer pour proposer sa propre vision de sortie de crise.
Convaincre ces deux partis est la mission que tâchera de réussir l’ancien diplomate, Abdelaziz Rahabi, responsable de la commission en question.
Rahabi devrait rencontrer séparément, demain mercredi, les directions du FFS et du RCD, pour un échange de visions dans l’objectif de les associer enfin à la démarche de l’opposition. La commission s’attelle par ailleurs à finaliser la liste des invités qu’elle veut en grand nombre mais aussi forte en termes de qualité. C’est pourquoi, des noms jouissant de la crédibilité aux yeux de l’opinion publique et du Hirak surtout, sont sur les tablettes des organisateurs de la conférence. On parle d’ores et déjà d’Ahmed Taleb Ibrahimi, ancien ministre des Affaires étrangères, et de la moudjahida, Djamila Bouhired.
En tout état de cause, les préparatifs à ce rendez-vous que l’opposition tient à réussir s’accélèrent dans ce qui semble être une course contre la montre. Devant l’insistance du pouvoir sur le dialogue comme seule issue à la crise et la tenue dans les plus brefs délais d’une élection présidentielle, l’opposition tentera à coup sûr d’unir toutes les sensibilités, la société civile, les personnalités et figures du Hirak autour d’une feuille de route qui soit acceptée de tous. D’ores et déjà, les prémices d’un consensus autour du dialogue et d’une élection présidentielle à court terme sont visibles avec les propositions de la société civile. Reste la période de transition que le pouvoir et l’état-major de l’Armée rejettent. Une question qui pourrait trouver sa réponse à l’occasion de cette conférence.<